lundi 31 janvier 2011

Captain Beefheart



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P O U E T T T ! ! !









 



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Vous n'y échapperez pas, CB est partout

- SP : Diddy Wah Diddy / Frying Pan (A&M Us - Festival Aust 66)
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Les Australiens, eux y crurent ! Le Festival est un original de 1966... un risque jugé comme fou à l'époque.

- SP : Moonchild / Who Do You Think You're Fooling (A&M 818 Us- 66)
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- SP : Moonchild / Here I (Always) (A&M 1228/9 Ang - 66)
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Bon là, faut être clair : le puissant label ne croyait pas du tout dans la crédibilité (les 2 singles ont été sortis en version 'économique', c'est à dire sans pochette.... pour vendre, y'a pas mieux....) de Captain. Mal jugé pour 'mauvaises fréquentations', par la direction, Don présenta pourtant à ses employeurs les maquettes du futur 'Safe As Milk'.... qui le refusèrent, le jugeant sans intérêt !

Extrêmement déçus (après 2 ans de travail acharné, sans aucune compensation financière, y'a d'quoi !), la moitié des musiciens du Magic Band first line-up vont voir ailleurs.....

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Fin 66/début 67, Don est bien emmerdé quand même : c'est bien joli d'avoir créé le chef d'oeuvre du siècle, mais si personne ne veut le distribuer, c'est comme si vous n'aviez rien fait ! Je sais de quoi je parle, j'ai eu le problème (et pourtant j'auto - finançais le disque et nous n'avions pas (vraiment pas !) le chef d'oeuvre du siècle, ça aurait dû être plus simple....).

Pour Don, comme pour, hélas, beaucoup d'autres musiciens, commence une douloureuse période de 'chasse au contrat'.


Des fois, ça marche.....
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Avalon Ballroom 26-27 août 1966

D'accord, ça reste local, mais ça permet de bouffer !




Dans la même temps se produit un évènement considérable : l'avènement du concept 'double album'. 2 disques très importants sortent quasiment en même temps : 'Blonde on Blonde' de Bob Dylan (CBS mai 66) et 'Freak Out' (sorti 2 mois plus tard) de Frank Zappa avec les Mothers. Le premier, c'est du lourd : Bob Dylan est déjà archi connu et est signé par CBS. Le second, quand à lui est beaucoup plus marginal, aussi bien concernant l'artiste, que le label. Je ne vais pas ici décrire la personnalité controversée de ce guitariste génial qu'était Zappa (ce n'est pas le sujet), mais plutôt évoquer la situation. La Californie est (avec NY) un endroit où il se doit de toujours se passer quelque chose de nouveau (d'intéressant, ça c'est autre chose...). A cette époque existe une bande de marginaux aux moeurs, disons 'débridées', qui fait parler d'elle. Ils ont un look déglingue, ne branlent rien de la journée et tentent de véhiculer des idées soit-disant 'révolutionnaires'. Ils se dénomment eux-mêmes les Freaks (les Monstres). Zappa, qui sort d'une période sombre, au sens propre comme au figuré (plusieurs séjours en cellule, pour des babioles comme obscénités, atteintes à la pudeur, dégradations de biens publics etc...etc..) est au pain sec.

Comme, toute l'oeuvre de Frank (et cela est très achevé dès le départ dans sa tête) consiste à dénoncer et fustiger la connerie humaine (par n'importe quel moyen), ce n'est pas simple.... Evidement, ami de longue date de Don (qui a une approche différente, même si la finalité est identique), il a les mêmes problèmes financiers que ce dernier. Le coup Freak Out ! va sauver la partie....



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Les Freaks, Frank s'en bat le coquillard. Mais, il a judicieusement remarqué, que le concept Monstre, donc qui fait peur.... peut être commercialement intéressant, en lui servant de vitrine. L'album est prêt depuis longtemps (en taule, on a le temps de composer) reste à le sortir....
Mais, au fait, chez qui ?
Chez une major ? Faut pas rêver ! Frank est quand même au courant de ce qui est arrivé à Don chez A&M et sa 'réputation' ne plaide pas en sa faveur (au passage, Captain n'a pas été vidé de A&M, simplement ces gens là refusent de presser et distribuer le disque....). Bon d'accord, ça revient au même !

C'est l'époque de l'engagement massif des GI's au Viet-Nam. Ce qui fait hurler les minorités. Surtout celle des gens de couleur (remarquez que je n'utilise pas le terme 'Noirs', c'est volontaire : les Asiatiques aussi sont concernés. La communauté Asiatique est très importante en Californie); systématiquement mis en première ligne !

Faut réagir ! Tous les gens qui ont un minimum de bon sens doivent, chacun avec leurs moyens, s'associer, oublier un temps leurs différences, pour lutter contre l'Absurde.

Frank prend rendez-vous avec Norman Granz à Broadway. Assez surpris quand même, le patron New-Yorkais de Verve voit débouler un chevelu hirsute qui lui expose un projet.... fou.... et absolument génial !

Norman Granz, fondateur du label, est un homme installé qui règne en maître (au niveau mondial) dans sa niche musicale : le Jazz. Comme il le dit lui-même 'C'est ma secrétaire qui a pris ce rendez-vous...'.

Alors là, moi j'adore ! Qu'est-ce que les 2 hommes ont en commun ? RIEN !


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Qu'est ce qu'un type comme NG en a à foutre d'un blaireau complètement inconnu venu direct de Californie (l'état rival historique de NY) ?

Il attend pas après ça, très loin s'en faut !

Et pourtant....

NG est le fondateur, depuis 1949, d'un nombre incroyable de labels tous orientés jazzy. Tout ce qui touche de près ou de loin à cette forme musicale tombe dans l'escarcelle du célèbre producteur. Il est archi-millionnaire. Pourquoi écouter le discours d'un type comme Zappa ?

NG est aussi un pourvoyeur non négligeable de fonds d'organisations anti-racistes aux Us... Se battre contre la Connerie, n'est ce pas aussi, la raison d'être de Frank et de toute la probable immanquable clique qui va suivre ..... Si ça marche.....

Y'a autre chose : le jazz, c'est bien, mais c'est un marché stabilisé qui se ferme de plus en plus....(de moins en moins de créateurs). Et si c'était ce type là l'ouverture ? De toute façon, ce n'est pas le projet Freak Out qui va déstabiliser en quoi que ce soit, les affaires du Eddy Barclay du jazz Us...

Le risque est minime.....

ET LE GAIN MAXIMUM !

Freak Out explose tout ! Lassé de la rivalité des groupes Anglais/US, le public veut autre chose. En fait, Freak Out tape juste au bon moment, à une époque charnière. Norman Granz est perçu comme un découvreur de génie, d'autant plus qu'il ressert le couvert avec le Velvet, la banane, Andy Warhol, la Factory, tout ça. Ok, présent en même temps sur la West Coast et à NY avec une réussite maximale, ça c'est du business !




Verve devient LE LABEL ! Celui qui tout le monde s'arrache !

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Les meilleurs jazzmen (de renommée mondiale), les Freaks (précurseurs du mouvement hippie - impact planétaire) et le Velvet (précurseurs du mouvement punk - impact planétaire aussi)..... tout ça pour le même homme.... c'est beaucoup ! C'est Trop pour ne pas être insensible au chant des Sirènes.... c'est la MGM qui emportera le morceau.... pour un montant qualifié 'd'astronomique' et qui n'a jamais été rendu public.

Ca baigne : Norman Granz peut terminer sa vie sous les palmiers (il nous a quitté en 2001, résident Suisse.... on ne voit pas pourquoi....), et Captain Beefheart (désormais ultra demandé) peut signer avec un Indé (le concept fonctionne) !

Ce sera Buddha.....

Le tout jeune label New yorkais (création 1967) de Neil Bogart, insatisfait de la distribution MGM (mais bloqué par contrat jusqu'en 69).... est, bien évidemment, en quête de gens à signer....

Avec l'immense succès de 'Safe As Milk' (leur premier LP), il confirmera, sans aucun doute possible, qu'il y a une place pour les labels indépendants aux Us.... donc sur la planète entière.
Un concept est né, il restera dans l'histoire du disque sous le nom de 'bubble-gum music', terme peu élégant, qui sous entend une idée simple : la musique doit être souple, malléable, et être en permanence (voire précéder) à l'écoute des goûts très versatiles du public.

Pour se faire, il engage des 'commerciaux', qui sillonnent dans tous les Us et rodent dans les clubs (surtout les plus cradingues), à l'affût de toute nouvelle tendance ou forme musicale potentiellement rentable. Ces gens là, Marty Thau en tête, vont découvrir des choses extraordinaires.....



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Depuis, bien sûr, A&M s'enorgueilli d'être aux origines 'd'un des musiciens les plus importants du siècle'. Et comme, la fin est proche.....

Look Michel Simon 1925 (Mathias Pascal ou la Puissance du Travail) pour Don en 64. Quand les génies se ressemblent...

- LP : The Legendary A&M Sessions (A&M 84) Réédité (avec une pochette légèrement différente (bleue) en 92 et 2002.

Aujourd'hui, Beefheart sur A&M : ça roule !


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CE DISQUE EST L'ESSENCE







DU PUNK !







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Angleterre Pye 1970

Toute personne ne possédant pas cet objet se doit se rendre au plus vite dans sa FNACVIRGIN la plus proche, ou de prendre contact avec moi au 02.48.76.89.73 pour que je lui fournisse une copie dans les délais les plus brefs.


Préférez la version CD (Buddha 99) à l'original. Y'a du plus et quel plus ! On y trouve les indispensables sessions d'octobre 67 qui devaient enrichir l'album original qui aurait du être double (pour concurrencer Freak Out ?). Enregistrements que l'on ne retrouve pas sur * :

- SP : Sure 'Nuff' N Yes I Do / Yellow Brick Road (Buddah 70 Fra) Dist Barclay
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- EP : Diddy Wah Diddy (A&M 71)

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Le EP 4 titres qui fait rêver tous les collectionneurs du Maître.... Y'a d'quoi : réédition de 1971 des 2 singles A&M .... cette fois avec PS !


* Mirror Man (Buddha 71) Là, il faut l'original pour la pochette dont le verre est prédécoupé

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MM a été enregistré en 65. Il recèle des instants prodigieux....

- Lick my Decals off Baby (Reprise / Straight 1C 062-90 092 All - 71) Ultra Incontournable

Ce disque, absolument délirant, vous entraînera dans les contrées inexplorées les plus profondes de votre cerveau. Disque exceptionnel, très proche de la folie du début des années Trente.
C'est Lionel qui me l'avait vendu (fort cher). Il savait que j'étais hyper fan du Captain
(lui aussi d'ailleurs), et sympa, il a importé des US toute la production du maître. Plus chouette que Lionel, je cherche encore....


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Il s'agit de la production de CB que je préfère.



- The Spolight Kid (Reprise 72)

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- SP : Click Clack / Glider (Reprise 72)

CB21 Le simple extrait du Spotlight.... Voilà un beau collector !



- Clear Spot (Reprise 72) Indispensable

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- SP : Too Much Time / Low Yo Yo Stuff (Reprise 72)

CB23 Sans inédit, mais c'est une pièce fantastique quand même...


et bien sûr les 2 Virgin :

- Shiny Beast (Bat Chain Puller) (Mars 80)

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- Doc at the Radar Station (Dec 80)

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et pour finir CB26

- Ice Cream for Crow (Caroline 82)

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- SP : Ice Cream For Crow / Life Reflected Off The Oceans Of The Moon (Virgin/Epic 82)

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Extrêmement recherché pour la b-side qui ne figure pas sur l'album. C'est aussi le testament musical du créateur du Trout Mask Replica.

Tous les LP de CB cités ci-dessus sont Ultra-Incontournables.








Depuis 82, DVV se consacre à la peinture. CB29 Vous pouvez aller voir ses toiles sur son site officiel (www.beefheart.com) et lui faire la causette, il adore ça !

On ne peut pas vivre sans respirer, ni sans un coeur de boeuf , c'est évident.

Un petit mot personnel pour tous les bassistes en herbe : ayez quand même de sérieuses notions de l'instrument avant de vous attaquer à ça. Les ruptures de rythme sont incessantes, c'est casse-pattes au possible. Haut niveau exigé !









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Le Barclay Super Group de 1970, ici dans la version originale. Peut être l'alternate cover la plus désirable de tout. La fote d'ortografe est délicieuse..... Vous le voulez ? Aie ! Ca va se compliquer un peu.....

Le fameux enregistrement sur la plage de Cannes pour le Midem 27/01/68, remasterisé. Somptueux !
2ème titre (toujours le même concert) : Sure 'Nuff' N Yes I Do qui ouvre le Safe As Milk....
30th : tout le truc est en train d'y passer. Un DVD probable en vue.... Cet concert fut la première prestation musicale d'Antenne2 qui venait de naître (émission Bouton Rouge le samedi en fin d'après midi). PEUT FAIRE LARGEMENT PIRE !
Warning :

certains se sont fait braquer pour beaucoup moins que cela ....







ou alors :

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10" anglais 6 titres 1983




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J'suis fan, j'vous dit...



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26/08/07
Pour répondre aux nombreuses questions concernant le Captain Beefheart & his Magic Band, je lui consacre un chapitre.
Félicitations à ceux qui se sont intéressés à la production discographique de Don Van Vliet. Cela prouve que je n'écris pas pour les moulins à vent, Merci ! Seulement, voilà, vous n'êtes pas au bout de vos peines ! Car vous allez rentrer de plain pied dans mon Monde.... et m'obliger (un peu) à me dévoiler.
C'est vous qui l'aurez voulu !

C'est parti !



Mon premier contact avec le Beefheart date de la bibliothèque de Hill. On écoutait de tout. Le disque c'est 'Spotlight Kid'. Je passe à côté royal. Je n'aime pas. L'album n'a pas passé le cap de la première face. C'est chiant et peu accessible.
Le lendemain, j'vais le rechercher...
Moi, j'ai pas percuté ! Mais mon cerveau interne, lui, oui ! C'est le 2ème titre ('White Jam') qu'il a repéré ! A cause du changement de rythme délire. J'repasse en boucle le titre ! Et je saoule tout le monde ! J'm'en fous !

Par analogie, dans le DVD Story of Ramones, un type raconte qu'un de ses pote l'a emmené les voir un soir au CBGB. Il a détesté ! Dès le lendemain ... il y est retourné !

J'peux pas mieux comparer Don Van Vliet à ce richissime couple vivant royalement au début des années 30 sur la côte d'Azur. Ces gens là, alors qu'ils ont leurs arrières très largement assurées, financent, en toute indépendance 'L'Age d'Or' de Luis Bunuel. Evidement de très gros ennuis s'ensuivent, et alors qu'elle importance ? L'excommunication du Vatican ou la colère des ligues de l'extrême droite (très influentes à l'époque), qu'est ce qu'ils en ont à faire ? Le film existe, c'est l'essentiel !
Ce genre de personnage (y'en a d'autres : Schiele, Kafka, Dostoïewski et bien sûr LF Celine....) peut tout se permettre ! Attention; tout se permettre, cela ne veut pas dire faire n'importe quoi ! Très loin s'en faut ! Y'a une condition impérative : Il faut être excellent !



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Assurément, le groupe qui nous intéresse ici l'est ! Ils font partie de ces gens rares, qui envoient très dur, pour le bien de tous ! Ils mettent leur génie au service du monde en dénonçant ses travers. Le monde ne comprend pas que la Mondialisation est une connerie, car elle lamine les personnalités des peuples au profit de quelques uns ; pas grave, il s'en rendra compte bien vite ! Des gens talentueux vont le lui dire. De façon extrême. Se faisant ils vont créer, une fois de plus, une excitante nouvelle forme d'Art (on appelle ça un 'courant', 'une tendance').

L'approche du monde de Beefheart est parfois glauque, voire repoussante (I'm gonna Booglarize You Baby/ J'vais t'enliser, Mon Amour- tout un programme !). Passez ce cap ! N'écoutez pas Beefheart n'importe comment ! Commencez par le début, c'est à dire par le génial 'Safe As Milk', dont John Lennon disait 'c'est ce que j'ai entendu de mieux de tout !'.



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Dès le premier accord de guitare de Alex Saint Clair on entre dans un univers nouveau. La voix chaude de Don Van Vliet nous annonce qu'il est né du côté de la Nouvelle Orléans (I Was A Born In a Desert, Came all up from New Orleans), ce qui est faux (il est né à Glendale, en Californie, le 15 janvier 41), et que surtout, cela n'a aucune importance ! Il s'intéresse au monde qui l'entoure : le climat, les usines, l'énergie, le bonheur, le dialogue, la nostalgie etc... etc... sans oublier les femmes et la sauvegarde du lait ! Le disque est très coloré et diversifié. Outre ses fantastiques qualités musicales, il s'en dégage un climat fou. Que dis-je, un état d'esprit complètement décalé... et réjouissant !
Tout respire la Liberté de s'exprimer ! Musicalement les trouvailles sont immenses et influentes, soit directement (JJ Cale 'Call Me the Breath' par exemple) ou par ricochet.
Et les Punks dans tout cela, qu'est ce qu'il viennent faire la-dedans ?
Ils ne sont pas les héritiers de Beefheart, mais leur contemporain, dans le sens où Beefheart est intemporel. Le Punk tire sa force (et son essence) du 'pouvoir faire quelque chose'. C'est le titre 'Grown So Ugly' qui donne le la. Ecoutez le bien ! Y'a un beat à 2 temps très simple avec une levée d' 1/4 de ton avant le couplet. Plus impressionnant encore, la guitare est soutenue par une rythmique totalement plate et répétitive. Y'a aucun solo ! Ca attaque brutal, la puissance jaillit d'un coup, sans mise en condition. On va à l'essentiel, on ne saoule pas avec du remplissage. Si on a rien de bien à dire, on se tait ! Ca c'est le Punk. Comme disait Paul Weller à un journaliste qui lui reprochait le fait que ses concerts ne dépassent pas une heure : 'En une heure de Jam, t'en a plus qu'en 3 heures de je ne sais quel trou du cul !'.

Le plus souvent Van Vliet (c'est son style) y ajoute des ruptures, ce qui oblige le drummer et le bassiste à jouer plusieurs morceaux en un seul. Très technique le truc. Y'a rien de plus chiant que les ruptures de rythme, parce que, quand on est sur une plage à 4 temps par exemple, il faut constamment penser à la suivante (tout en faisant attention à ce que l'on joue... quand même !) , pour la breaker au bon moment ! Sinon y'a un décalage avec la batterie et c'est le bordel !

Créer un nouveau bon truc, c'est bien, mais cela suffit pas. Ce n'est qu'une indispensable première étape. La seconde est beaucoup plus corsée. Il faut pouvoir s'affranchir de l'environnement qui l'entoure, ne serait-ce que pour être diffusé ! Il faut affronter le système. S'y fondre aussi. Et là, tout ce complique. Internet rend libre, parait-il ! Laissez moi rigoler ! Y'a pas plus fliqué comme système ! La technique le permet. A ce propos, intéressez-vous de très prêt à ce que signifie le mot 'google', on en reparle après.

Très peu de groupes 'Punk' ont survécu au phénomène de mode. Beefheart, n'en a cure. Très peu de musiciens peuvent se dispenser de produire, là encore, Van Vliet (à la différence de Frank Zappa, puisque le nom de ce fantastique musicien m'a été évoqué récemment) n'est pas concerné. Autodidacte, totalement indépendant, il a une approche de la musique à géométrie variable. Trouvez un quelconque rapport entre 'Safe as Milk' et 'Trout Mask Replica', c'est moi qui paie les cerises.

Beefheart fait ce qu'il veut quand il le veut. Très peu de gens font cela (sauf Arno ou les Saints). Et surtout, il le fait bien ! Sa musique est diversifiée, et pourtant, elle se reconnaît au premier coup d'oreille. Sa peinture aussi. Autre sujet d'intérêt : elle ne laisse jamais insensible.


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Bon, il reste maintenant à comprendre ce qu'il raconte. Vu qu'il est 3h47 du mat (changement débile d'heure oblige), j'vous dis à demain. J'attaque pas cela tout de suite. C'est quand même un peu plus coton à traduire que les textes de la délicieuse Exene (une gentillesse avant d'aller se pieuter, cela ne peut pas faire de mal).



Tu n'as pas parlé de sa très récente disparition physique....
Pourquoi faire ? CB est IMMORTEL.

samedi 29 janvier 2011

Joy Division



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Ian Curtis (voc g), Bernard Albrecht (g, voc), Peter Hook (bs), Stephen Morris (d)

J'adore cette photo. J'adore le groupe. La basse de PH aussi...
Une originalité : PH & BA s'échangeaient sur scène leurs instruments...
Tous les disques de JD sont really incontournables (les 3 EP 12" surtout). Y'a un simple archi-collector sorti en début d'année 79 (2 tirages). Cherchez-le ! J'vous aide, ça se passe du côté d'à Rouen et ça doit avoir quelque chose à voir avec un certain Jean-Pierre Turmel... Vous n'avez pas trouvé ? JD2 (Rue Louis Ricard au n° 34)...c'était pourtant facile !

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Licht und Blindheit (SS33002 - 79)

 


Faut vraiment tout vous dire ! (JD, comme Buzzcocks, est originaire de Manchester). A l'origine le groupe avait pour nom Warsaw. JD6 Ayant des problèmes avec la presse Anglaise, le groupe se rebaptisa.... en pire ! Les 'divisions de la joie' étant le nom donné aux filles (pour la plupart juives) que les officiers nazis contraignaient à se prostituer pour leurs bons plaisirs.... Le ton est donné; JD se fout de tout, n'a pas d'avenir (suicide), et va frapper fort !

TRES FORT !







Evidement, Rouen est présent.



- V/A 10" : Short Circuit : Live At the Electric Circus (Virgin OVED170 - 78) 1 titre 'At a Later Date'. Réed CD par Caroline en 90

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La toute première prestation vinylique du groupe (concert le 2 oct 77). Ca chauffe ça ! Original vraiment violent (vu une seule fois à un prix 'abordable'), la réed CD dans les $60. (Je rappelle qu'il n'y a qu'un titre....). Somptueux le titre, remarque.




- EP 7”/12" : An Ideal For Living (Enigma PSS139 - 78) Version CD Collector (3000 exemplaires)

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Fantastique! La Machine est lancée.


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- 2XSP : Compil : A Factory Sample (Factory Fac2 - 79) 2 titres 'Digital' & 'Glass' JD avec The Durutti Column, John Dowie & Cabaret Voltaire. Ultra Collector
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Rarissime et inabordable. J'en ai vu un à €250 ! Ca calme !

- Compil 12" : Earcom 2 (Fast 9 - Avril 79) 2 titres : 'Auto-Suggession' & 'From the Safety To Where' Ultra Collector
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- 1st LP : Unknown Pleasures (Factory 79) Ultra Incontournable









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1. Disorder
2. Day of the Lords
3. Candidate
4. Insight
5. New Dawn Fades
6. She's Lost Control
7. Shadowplay
8. Wildeness
9. Interzone
10. I Remember Nothing

Pere Ubu Made très nettement marqué (jeu de basse et verre brisé). On peut faire pire comme source d'inspiration ! Ensuite... l'Elève dépasse largement le Maître.... Sur le génial 'Interzone' le groupe atteint la Perfection. Et ce n'est qu'un début....

- SP 7" ou 12" : Transmission / Novelty (Factory FAC13 - 79)
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Là, d'accord, c'est violent.... Le pressage Anglais (à gauche) vous pouvez vous y attaquer, Mais..... y'a aussi le Français...... et là.... déjà plus sport !


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Stephen Morris : Un son de batterie encore inégalé à ce jour.... (écoutez Isolation...)


- SP 7" : Atmosphere / Dead Souls (Sordide Sentimental 79) ou 12" (Factory 79)
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- SP 7" ou 12": Love will Tell Us A Part / These Days (Factory Mai 79 FAC23)
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Les 3 Maxis et leurs fameuses B-Sides (le sommet musical Absolu)..... Les Hymnes d'à Rouen. Adoration TOTALE ! Tout le monde les avait.






CLOSER









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(Factory Juin 80)


Kicks Your Soul


LE CHEF D' OEUVRE DU MOUVEMENT !







Ce disque dépasse largement le cadre du genre musical qui nous intéresse ici. Il se doit d'être présent dans toutes les discothèques. Dans 50 ans, on considérera 'Closer' au même titre que la 5ème de Beethoven ou Sergent's Pepper aujourd'hui, ça j'en suis sûr !

Vous n'avez pas 'Closer' ? Vous attendez quoi ?

Et dire que cela semble si simple.... L'album est emprunt d'une telle force, d'une telle cohérence, que son impact est immense. Pas une seconde de faiblesse. Chacun des 9 thèmes semble éternellement gravé après une seule écoute. Comme si tout cela était évident. Sorti après leurs 3 maxis, je pensais (comme beaucoup) qu'il était impossible qu'ils fassent mieux au titre de ce second opus. Ben.... Ian peut dormir en paix.... et pour longtemps !

Kurt Cobain (qui peut se reposer aussi), a bien dû écouter l'ambiance délire de 'Atrocity Exhibition' pour ses plans délires à lui...







Parutions posthumes au suicide (par pendaison) de Ian le 18 mai 1980

- 3rd double LP : Still (Factory 80). Compil d'inédits. Le second disque est Live (Eindhoven). Ils ont laissé le moment où le batteur (l'on croit...) s'emberlificote les pinceaux ('Passover') !
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- 30th: Réed. De Luxe. Bonus : Un concert enregistré au High Wycombe Town Hall le 2 février 80 (Factory Sept 2007) Absolument Splendide


- flexi : Komakino / Incubation (Factory fac28 - 81)
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ou le fameux EP 4 titres (supplément gratuit) édité par la magazine italien Stampa Alternativa en 82
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Incubation#1/Incubation#2/You're No Good For Me/Komakino

- SP : Tunnelvision : Watching The Hydroplanes / Morbid Fear (Factory FAC39 - Mai 81)
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- Peel Sessions 'The Complete Radio One Recordings' (Strange Fruit 2000)
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- Live 'Les Bains Douches' (Fractured 2001) Concert du 18 décembre 1979 - photo ci-dessous
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Les 7 titres de ce live ont été enregistrés les 11 & 18 janvier 1980 en ... Hollande (respectivement à Amsterdam et Eindhoven). Ha la la !

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Immense Respect Ian Curtis

Comme pour tous les groupes cultes, la musique de JD a fait l'objet d'un nombre important de ressucées de qualités très inégales. Si votre coeur (et votre porte-monnaie) vous en dit, après tout pourquoi pas ! Sachez que dans ce genre de plan, y'a parfois des perles, mais le plus souvent, il faut se contenter des coquilles !

JOY DIVISION est, a mon sens, un groupe aussi important que CLASH, SEX PISTOLS ou NIRVANA. Sa musique n'a pas prit une ride et continue (et continuera) de fasciner.

Une compil indispensable (pour les ceux-ce qu'on pas les originaux) : Permanent (London 90- 95) puisqu'on y retrouve les 3 maxi, et surtout leurs B-Side : 'These Days', 'Novelty' ou 'Something must Break'. Là, évidemment ...

VHS : Here Are The Young Men (Factory 82)
JD34 JD35 DVD : Once Was The Young Man

Bouquin : la veuve de IC (Deborah) a écrit ses mémoires.... dont elle a cédé les droits pour la réalisation de Control (26 sept 2007) réalisé par Anton Corbijn.




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What's You Gonna Do, When It's Over ?






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Que penser d'un film pareil ?

Pas facile.... Le groupe n'est pas simple d'accès, et cette sortie à ce petit quelque chose marqué d'un brin d'opportunisme gênant. Puisqu'on est dans les prières posthumes (mais, ho combien, encore vivantes !), parlons en préambule de la fin du voyage. Après la vision du truc, j'suis aller me Massacrer. J'voulais voir la plaque. Je savais qu'elle était là ! La rombière qui ramassait les tables de son salon à thé vidé, n'a rien dit. Y'avait pas intérêt ! En fait, ils en ont mis 2. Une à chaque coin. Y'a inscrit 'Place Dominique Laboubée Auteur Compositeur 1957-2002'. Pour l'instant ça respire encore le neuf. Ca ne durera pas. A Rouen, y'a rien à faire, inexorablement tout se transforme en gris. Au second, juste en face du fantôme de Lionel, au premier étage, y'a un appart à louer....


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Photo Cécile Balladino



Le film donc : bon c'est le 30th, on fait un film sur Joy Division.... si on veut après tout. De toute façon, JD est hors du temps. C'est en Noir et Blanc. Bien vu, ça respire l'Athmosphère Mancunienne bas fonds. Ian est gratte papier dans une agence ANPE.... Concert des Pistols : il décide avec ses potes de passer de l'autre côté... Logique.... et de se.... marier.

Le bon : Les acteurs. Sam Riley dans le rôle de Ian est carrément fascinant. Il incarne à merveille (dans les moments noirs) la personnalité complexe et tourmentée du leader de JD. A la fois proche (sentiments humains : incapable de choisir entre raison et passion, en fait on comprend qu'il a besoin des deux) et terriblement lointain (les crises d'épilepsie, les absences, les comportements imprévisibles). Il est vraiment bien (il faut dire que c'est actuellement en Angleterre un excellent acteur de théâtre). De ses 3 acolytes, je n'en ai retenu que 2 : le guitariste (l'unique planche de salut masculine de Ian dans le film) et le bassiste (que l'on fait passé pour un gros boeuf . Ca m'énerve, un type qui a une Ricken* (et qui sait s'en servir) ne peut pas être un gros beauf !).

Extrêmement intéressant sont les rapports de Ian avec sa femme. Ces gens là n'ont rien à voir ensemble. Deborah Curtis est une fille normale : études supérieures laborieuses dont elle est fière, rengaine du quotidien, construction de vie, sortie avec des petits amis (faut qu'elle voit du monde....) sans aucun intérêt (ils ne profèrent que des banalités), imbus d'eux-mêmes de la présence de l'Icone actuelle dans leur soirée (je le connais qu'ils pourront dire....). Qu'est ce que Deborah fout avec un type comme Ian ? Elle est fascinée : il apporte au couple l'émotion et l'urgence (un bébé..... tout de suite !), il flingue la redondance et déglingue la normalité, elle adore ! Les contraires s'attirent. Il l'aime sincèrement. Mais, elle ne peut lui apporter plus. Petit à petit (au fur et à mesure que le groupe s'impose), elle craint (She's Lost Control). Si tu voulais une petite vie pépère, fallait pas épouser un Punk, qui plus est doté d'un talent fou ! Ian supporte seul le poids intellectuel du couple. L'arrivée de leur fille (et ses obligations toujours plus grandes), s'en est trop. Une seule porte de sortie. Deborah, elle, est déjà partie.
Fatalement, y'a la maîtresse de Ian. Oufff ! Une gonzesse à couper le souffle. Elle sort de quel chapeau celle là ? Ah bon, y'a des nanas superbes en Angleterre ? C'est nouveau ça ! J'croyais depuis toujours que la Beauté Subliminale était réservée aux Françaises. Oui, mais dans le film, elle est Belge. Tout s'explique ! Elle est aussi journaliste....


JD39
* en fait, PH utilisait une copie. Une Ricken bass... ce n'était pas dans ses cordes financières ça... et ouaip... on ne croirait pas, n'est ce pas ?



Le mec qui joue le rôle de Tony Wilson (patron de Factory, label du groupe) est un déjanté notoire. Il est parfait. Quand au manager.... Du grand Art ! Très lucide sur la situation (il sait que ça ne va pas aller loin et qu'il tient un gang d'une valeur exceptionnelle), il est sublime dans ses combats (désespérés) pour tenter de maintenir le bateau à flot. Control est un film d'acteurs.
L'Histoire : du archi classique. Un groupe météore qui, en moins de 3 ans, a gravé définitivement de son empreinte La Musique (y'a eux et Nirvana).

Le moins bon : Le film insiste lourdement sur le thème adultère. Ca m'a un peu gonflé, mais finalement pas tant que ça ! Plus tard, vers 20h, j'me suis même surpris à en parler librement (avec un flic !). Comme quoi les choses évoluent.
Sauf que JD, côté relations humaines, c'était pas trop leur truc ! Y'avait pas plus froid. Les personnages sont trop humains. Le film rend assez mal l'Atmosphère et l'Etat d'Esprit originel du groupe dans son époque (Ian est venu à Rouen pour le disque...). Ce qui affaiblit l'ensemble. Pas assez de distance. Ian était un créateur qui se devait de se faire mal à lui même. C'était un schizophrène, ne l'oublions pas ! Pour tourmenter les autres, faut savoir s'infliger la première punition.


3 gros défauts : la personnalité transcendante (et très influente, notamment au niveau du son) de Stephen Morris est totalement effacée.
Closer est absent (un comble !)
La confirmation (hélas, un fois de plus renouvelée) que Sylvie est une obsédée sexuelle. D'accord, au bout de 20 ans, je devrais m'y être habitué ! N'empêche, cela reste pénible ! Pour elle, le Melville, c'est l'ancien Ciné Bijou.... où pour 15 malheureux €uros, le jeune type à l'entrée m'a laissé le choix entre la classique turlutte, ou le coup de bambou maison. Intéressant ! Dommage que le film allait commencer (dans les ex clubs), car, vu qu'y'avait personne, en négociant un peu, comme dit Gainsbourg, j'avais des prix de gros !



JD40
Le moment le plus fort du film : JD à son apogée jouant 'Digital'.


Superbe ! Le film est d'une précision diabolique : comparez le roadie de droite avec l'original en début d'article.....







JD41
Y'a du Bogart dans le personnage de
Tony Wilson

28/11/07 : 1h00 du mat : ce soir Fred Chichin (Rita Mitsouko) nous a quitté. Alors que je découvre (enfin) les joies d'Internet et que je capture les sleeves de JD qui me manquaient pour vous envoyer un truc bien sur le groupe , je viens d'apprendre que Tony Wilson..... est décédé ! Y'a des jours comme ça.....