mercredi 19 janvier 2011

Mont de Marsan 77 - Mister Alan Lee Shaw interview


ALS Guitar



To Mister Orange


Bonjour Mister Shaw. Peux-tu raconter pour les lecteurs de L'Illustration Musicale comment tu as vécu le second festival punk de Mont-de-Marsan en 77, du premier contact avec les organisateurs Français, jusqu'à la dernière note ?

Well, in 77' only a few hip punks and rockers in London knew of Skydog Records. Skydog was like a French version of the small independent record labels Stiff and Chiswick records in London. Skydog had put out the Stooges' Metallic KO album and the MC5's single Borderline, so there were a cool label. I was in a band called The Rings and we had put out a song entitled "I wanna be free" as a single on Chiswick records. The emerging Punk Rock scene was very small at that time, most of the new cool bands knew each other or had played on the same bill at the same pubs and clubs in and around London, that's how I got to know Marc Zermati and Larry Debay from Skydog.
Marc and Larry were putting together a second and more definitive Punk Rock festival in Mont de Marsan in August 77' which was to be bigger and more together than the first one. Marc had seen the Rings play in London asked for The Rings to be on the bill at the forthcoming festival but sadly, in the meantime the Rings had broken up and I immediately formed the Maniacs. Marc said that the Maniacs could appear on the bill at the festival so that was fine. As the Maniacs, we were now a full on Punk Rock band and the festival was to be our first big show. The Rings name was already printed on the festival posters. So Twink, the Rings lead singer, decided he was still going play the festival as the Rings and quickly assembled a stand in bass and lead guitarist. Twink sang and played the drums but sadly it was not at all like the original band. It was too late to put the Maniacs name on the festival poster but that did not seem to matter and most of the fans knew of us from the press we had back home. London in 77' was the centre of the Punk Rock phenomenon and all eyes of the Rock press around the world were focused on London.
I think the Clash, the Damned and The Jam went by aeroplane to the festival. Anyway, the Maniacs went on a hired coach from London. On the coach with us were also The Police. The Boys and The Sean Tyler Gang and the journalists Allen Jones (Melody Maker) and Giovanni Dadomo (Sounds) Plus Sounds photographer Ian Dickson (also the new manager of the Maniacs)
We stopped over in Paris for the night in some cheap Hostel and then next morning we drove down to the south of France to Mont de Marsan. It was a long and very hot journey which I remember well, a lot of our entourage were taking speed (amphetamine sulphate, the fashionable drug, at the time) so as you may guess we were all pretty wired, hot and hyped up.

In 77' there was still a lot left of what to me was the old France, still untouched, which I liked. There was little, if any fast food outlets or good route nationale roads. There were a lot of old ladies dressed in black serving in smoky old cafes that had, I'm sure not changed since the 50's or the days of the old Jean Gabin movies
We arrived at this small dusty and very hot town near the French /Spanish border. All the hotels and bars were taken over by bands and the young hip and mainly French fans although, quite a few English fans had made it. We the Maniacs, were lucky, as we got the hotel rooms of The Jam, as the Jam was to pull out of the festival at the last minute over some problem with billing (I think they didn't want to go on before the Clash or something).
All the band members were in good spirits and mingled with the fans in the bars around the Bullring. I was very friendly with the Damned; especially Brian James and Rat Scabies; I was also friendly with Stewart Copeland and Henri Padovani from the Police.

Ok... en 77 sur Londres, il n'y avait que quelques punks et rockers vraiment branchés qui connaissaient Skydog Records. Skydog était la version Française des labels Londonniens Chiswick et Stiff. Ils s'étaient illustrés en sortant le 'Metallic Ko' des Stooges et le single des MC5 'Bordeline'. C'était donc des gens bien sympas. J'étais dans un groupe appelé The Rings qui avait sorti un single 'I Wanna Be Free' sur Chiswick. L'explosion de la scène Punk se fit en un laps de temps très court, et la plupart des groupes intéressants se connaissaient tous, puisqu'ils partageaient les mêmes endroits et les mêmes affiches. C'est comme cela que j'ai fait la connaissance de Marc Zermati et Larry Debay de Skydog.
Marc et Larry s'étaient investis dans un second festival punk à Mont de Marsan, plus complet et plus ambitieux que le premier. Marc, qui avaient vu les Rings jouer à Londres, nous avait demandé d'être à l'affiche, mais malheureusement, dans le même temps, le groupe se sépara. Je fondais immédiatement les Maniacs. Marc pensa que si les Maniacs pouvaient être présents au festival, ce serait bien cool. Entretemps, nous étions devenus un vrai groupe de punk rock et Mont de Marsan serait notre première prestation importante. Mais, les affiches étaient déjà imprimées avec le nom des Rings....aussi Twink, le chanteur, décida de jouer en s'adjoignant vite fait un bassiste et un lead guitar. Twink donc, chantait et jouait de la batterie, mais ça ne sonnait pas pareil que le groupe original. Il était trop tard pour ajouter le nom des Maniacs sur les affiches, mais cela n'a pas eu plus d'importance que cela, dans la mesure où la plupart de nos fans nous connurent par la presse à notre retour à Londres. Londres en 77 était la plaque tournante du phénome punk et la presse mondiale avait les yeux rivés sur elle.
Je pense que le Clash, les Damned et les Jam sont venus à Mont de Marsan en avion. Nous, on était en voiture de location. Dans cette équipage, il y avait aussi Police, les Boys, le Sean Tyla Gang, ainsi que les journalistes Allan Jones (Melody Maker), Giovanni Dabono (Sounds) et le photographe du Sounds, Ian Dickson, qui était également le manager des Maniacs. On s'est arretés à Paris dans un hotel pas cher pour la nuit et le lendemain matin, on a repris le volant direction le sud de la France et Mont de Marsan. C'était long et il faisait vraiment chaud, aussi la plupart des gens de notre entourage tournait au speed (sulphate d'amphétamine, la dope à la mode à ce moment là) et, comme tu dois t'en douter, on est arrivés ambiance 'fil électrique', passablement allumés et 'bien chauds'.
En 77, il restait encore pas mal de ces choses qui constituaient 'La Vieille France', celle que j'aime, celle qu'il ne faut pas toucher. Il y avait encore très peu de ces fast food 'pratiques', placés sur ces belles routes goudronnées, qui le sont tout autant. Non, on pouvait encore voir ces vieilles Dames, tout droit sorties d'un film de Gabin des années cinquante, tout de noir vétues, se faisant servir dans des cafés où fumer n'était pas un problème.
On est arrivés dans la petite ville chaude pleine de poussière pas très loin de la frontière espagnole. Tous les hotels et les bars étaient occupés par les groupes et leurs fans Français qui leur tournaient autour, avec quelques Anglais qui faisaient la même chose. Nous, les Maniacs, on a eu du pot, puisqu'on s'est retrouvés dans le même hotel que les Jam, ces mêmes Jam qui se sont barrés à la dernière minute pour un soi-disant problème de programmation (en fait, je pense qu'ils ne voulaient pas passer avant les Clash ou quelque chose comme ça).
Il y avait vraiment une bonne ambiance avec tous ces membres de groupes qui se mélangeaient, et leurs admirateurs dans les bistrots, autour des arènes. Personnellement, j'étais copain avec les Damned, en particulier avec Brian James et Rat Scabies. Même chose pour Henry Padovani et Stewart Copeland de Police.


Sur scène, avais tu le sentiment de participer à un festival historique, ou était-ce un concert des Maniacs en France, pas plus que cela ?

The festival for me had good memories; all the bands were at the height of their powers at that point and were on fire musically. The Clash I remember put on a brilliant show. I suppose you could say the festival was an important footnote in the history of French Rock. By 77' only few rock festivals and even fewer Punk Rock ones were held each year in Europe. In my opinion, the new generation of rock fans has way too many rock festivals too choose from. Back in 77' festivals were still something of a special event. It was also unusual for me and I am sure others too experience for the first time punk Rock being played in the dust of the hot sun and not in some dark sweaty club in London but all that added to the ambience. I have said for many years, it would be good if someone could put a DVD together if there was film footage or recordings available or even a book of photos of the festival. I was told at the time, that the festival was filmed for French TV but have as yet found no evidence of the fact. It has since come to notice that there was a documentary made, at the time, entitled "Hot cuts from Mont de Marsan". But again I have never seen it.

Personellement, le festival ne me rappelle que des bons souvenirs. Tous les groupes étaient musicalement à leur sommet, et ça cartonnait vraiment fort. Je me souviens du show des Clash qui était excellent.
Je pense que tu peux écrire que le festival a été une étape importante et a marqué l'histoire du rock Français.
En 77 il n'y avait pas de festivals rock tous les 4 matins, et encore moins de festival punk rock. Je pense qu'actuellement, on en organise trop, et que le choix est trop grand pour les amateurs de rock. Si l'on en revient à 77, on peut considérer que chaque réunion était un évènement. C'était inhabituel pour moi, et je suis sûr que pour les autres également dans la mesure où, pour ce premier festival punk, on a dû jouer dans la poussière d'un chaud soleil d'été, ce qui n'a rien de commun avec une salle sombre d'un quelconque club de Londres, mais cela ajoutait du piquant à l'affaire.
Comme je le dis depuis plusieurs années, ce serait pas mal si quelqu'un pouvait sortir le truc en DVD, pour peu qu'il existe un film ou des enregistrements exploitables. On pourrait aussi faire un bouquin avec les photos du festival. Ce que l'on sait pour le moment, c'est que l'évènement a été filmé pour la télévision Française, mais cela n'a pas été confirmé par qui que se soit. J'ai eu recemment l'info selon laquelle un documentaire a été réalisé et que cela s'intitule 'Hot Cuts From Mont de Marsan', mais, pour le moment, je ne l'ai pas vu.



Ton appréciation sur Skydog (l'organisateur du festival). La plupart des gens pensait assister à des 'nouveaux troubles dans Mont-de-Marsan', mais il semblerait que les seuls problèmes auxquels tu as été confronté, ce sont des signes évidents de faiblesse de la sono à la fin de ton set, non ?
Peux tu évoquer tes contacts avec les autres groupes, notamment Français ?

The Maniacs came on just before the Police as the hot sun was going down and the light was beginning to fade. I remember our performance went down very well with the audience. We had just got Henri Paul in the band as a second guitarist who was something of an up and coming star in French rock, at that time. We did our version of 'Kick out the Jams' by the MC5, which seemed to go down well with the French. Unfortunately we had trouble with the bass amp that broke down. We were using 50-watt Hiwatt hired amps. Still, we did a good show. The French bands on the bill were pretty cool. I think Henri Paul knew more of them personally of course. Bijou was the most commercially popular at time but not a hardcore Punk Rock band. Little Bob Story was a really good garage rock band. I did know Little Bob, as he was a fan of the Rings, we were lucky enough to support his band at the 100 club in London a few months before. I also knew the French guitarist Henri Padovani well who was in The Police and on the coach with us at the time.

Les Maniacs sont passés juste avant Police quand le soleil a commencé à baisser, et que la lumière a fait de même. Je me souviens que notre prestation a été très bien accueillie de la part du public Français. Nous venions juste d'intégrer Henri Paul comme seconde guitare, et c'était quelque chose de le voir devenir une sorte de rock star locale. On a fait notre version du 'Kick out the Jams' du MC5, et ça a collé pile poil avec ce que les gens avaient envie d'entendre. Malheureusement, on a eu un problème avec l'ampli basse, et il a laché. On utilisait un Hiwatt 50-watt, mais l'ampérage était insuffisant. Néanmoins, nous avons fait une bonne prestation.

Les groupes Français présents étaient vraiment cool. Evidemment, Henri Paul les connaissait mieux que nous. Bijou était le groupe le plus populaire, commercialement parlant, mais ce n'était pas un vrai gang 'dur', comme le punk peut le sous-entendre. Little Bob était un vrai grand groupe de rock garage. Je ne connaissais pas Little Bob, mais comme il était fan des Rings, nous fûmes tout heureux d'ouvrir pour lui quelques mois auparavant, au 100 Club de Londres. Et, bien sûr, je connaissais le guitariste de Police, Henri Padovani, qui faisait partie de l'équipe à ce moment là.

Henri Paul

Peux tu nous parler de ta collaboration scénique avec Henri Paul ? De la réaction du public Français.

Henri Paul was a real Parisian street urchin of a guy from a poor and streetwise background but very cool and a big New York Dolls fan. He had got to know the Dolls when they played in Paris in the early 70's; Marc and Larry Debay were his so-called managers and looking after him. I got to know Johnny Thunders through Henri Paul. Johnny was playing in his new band The Heartbreakers in London. We were looking for another guitarist to fill out our sound so we asked him to join. He was very popular with the English and French press. I remember he got a full-page picture of himself in the French magazine BEST, when they covered the festival. After the final gigs, with the Maniacs, at Le Gibus in Paris in January 78' Henri Paul went on to join a band called The Tools and then on to form his own band The Untouchables in France. The last time I met him was in Paris in the early 80's when I was in Brian James band (Brian James and the Brains), when we supported the Cramps at the Palace in Paris and Henri Paul came on to play an encore with us. I do know that in the mid 80's he went to join Johnny Thunders band, the Oddballs, when they played in Japan but that's all I can remember.

Henri Paul était un vrai titi Parisien, le genre de gars issu d'une banlieue pauvre et pepère, mais très cool quand même et très grand admirateur des New York Dolls. Il les avait connus quand il les avait vu jouer à Paris au début des années 70. Marc et Larry Debay étaient là aussi, et, en tant que managers, avaient un oeil sur lui. C'est par son intermédiaire que j'ai connu Johnny Thunders. Johnny jouait à Londres avec son nouveau groupe, The Heartbreakers. On regardait pour un nouveau guitariste afin d'enrichir notre son, et nous lui avons demandé de nous rejoindre. Il était très populaire auprès de la presse Française et Anglaise. Je me souviens qu'il y avait une page entière sur lui dans Best, pendant la couverture du festival.
Après le dernier concert des Maniacs au Gibus en janvier 78, Henri Paul a rejoint un groupe dénommé The Tools, avant de former son propre gang en France, The Untouchables. La dernière fois que je l'ai vu, c'était à Paris, au début des années 80, quand j'étais dans le groupe de Brian James, Brian James and the Brains, en première partie des Cramps au Palace. Il a joué un rappel avec nous. Je sais qu'au milieu des années 80, il a accompagné Johnny Thunders au sein des Oddballs, et qu'ils ont joué ensemble au Japon. C'est tout ce dont je me souviens.


Si j'organise le 3ème festival punk de Mont de Marsan, reformes-tu les Maniacs ?

As for reforming the Maniacs. In retrospect it has always been a shame that I did not continue with the Maniacs, at leased long enough to go on to make a proper Maniacs album. It may be difficult to understand but by early 78' Punk was already considered dead and was now quickly mutating into new wave. The Pistols and the Damned had split and we all thought Punk was over. We had no idea that 32 years later Punk would still be a major influence on today's Rock music. That prospect, I can assure you, would have been too mind blowing to contemplate, 32 years ago. It has crossed my mind over the years to reform the Maniacs and make a new album but as yet it has not happened and I am not sure that would it ever happen but if the interest was big enough, as they say, "Never say never". Vive le punk rock.

Où l'on parle de reformer les Maniacs. En fait, ça a toujours été un grand malheur de ne pas avoir continué avec les Maniacs. De ne pas avoir eu assez de temps pour réaliser notre album.
C'est peut être difficile à comprendre aujourd'hui, mais début 78, tout le monde considérait le punk comme mort, et on est passé vite fait à la new wave. Les Pistols et les Damned avaient splitté, et on pensait que c' était terminé. Personne n'avait conscience que, 32 ans plus tard, le punk serait une influence majeure dans la musique.
Le projet, et je puis t'assurer qu'en 32 ans, j'ai eu assez de temps pour y réfléchir, oui, cela m'a traversé l'esprit : reformer les Maniacs et de le faire, ce nouvel album. Mais pour l'instant, cela ne s'est pas fait et peut être que cela ne se fera jamais, mais s'il y a un intéret suffisamment grand.... et puis, comme on dit "il ne faut jamais dire jamais".




London's Burning

P.S. It maybe of some interest to your readers that a book (that I contributed to, about my reminiscences of Punk in 76/77, the Rings and the early Maniacs) was published in May 2009 entitled "London's Burning" True adventures on the Front Lines of Punk 1976-1977 by Dave Thompson. Chicago Review Press

PS : Peut être que cela va intéresser tes lecteurs de savoir qu'il existe un livre auquel j'ai contribué, qui relate mes exploits au sein des Rings et des débuts des Maniacs. Cela s'appelle "London's Burning", la véritable aventure des premieres lignes du Punk 1976 - 1977, écrit par Dave Thompson et publié en mai 2009 chez Chicago Review Press.




Mister Blue





Fanstastic !!! We're Gonna Be History one more Time.

Je voudrais ici remercier Mister Alan Lee Shaw, ainsi que Smap Records et sa formidable équipe de Pont-Audemer / Rouen qui m'ont aidé (documents, souvenirs, textes) pendant ces trois dernières semaines. Le tout dans la bonne humeur et une disponibilité toute épreuve. Absolutely Neat !!!
Sans vous... rien n'aurait été possible.

Alan Lee Shaw / Mister Blue
Claude Levieux / SMAP
Christophe Orange / Punkmemory


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