vendredi 31 août 2012

77' Blythe



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A l’heure où les podiums annoncent à grand renfort de chaînes et de tartans le retour du punk, j’ aimerais revenir sur des souvenirs d’enfance. De Nicolas Ghesquière à Jean Paul Gaultier le phénomène est partout, même la très chic Villa Medicis s’en est emparé. Ceci me fait sourire, le punk Avenue Georges V ? Pourquoi pas, ce n’est qu’une affaire de décalage… Après tout, c' est dans un numéro de Elle de 1977, conservé précieusement depuis toutes ces années que j' ai découvert ce phénomène. Nourrie aux Beatles depuis ma plus tendre enfance, ce fut pour moi un grand choc. Fascinée, ce fut une révélation et surtout c' est à partir de ce moment qu' est né mon amour pour la musique, pour Ma musique. Je me souviens de ces filles le dimanche soir devant le Gibus et le Palais des Glaces. Quels concerts allaient elles voir? En attendant mon heure, je les enviais...

When the catwalks announce with a deluge of chains and tartans the return of the punk, I'd like to go back to childhood memories. From Nicolas Ghesquiere to Jean Paul Gaultier the phenomenon is everywhere, even at the so chic Villa Medicis. This makes me smile, punk Avenue George V? Why not, it's just a wave out of time... After all, it's in an issue of Elle of 1977, carefully preserved since all these years, that I discovered this phenomenon. Raised with the Beatles since my youngest age, this was a a shock treatment for me. Fascinated, it was a revelation and that's from this moment that was born my love for the music, My music. I remember the girls in front of Le Gibus and Palais des Glaces on Sunday evenings. What gigs were they going to see? Waiting for my hour, I envied them...


I Wanna Be a Free Platinum Blonde



On a tué la complaisance et ma vision des choses a changé. Les femmes ont un rôle prépondérant dans ce mouvement, elles ont quelque chose à dire et le revendiquent. Guerrières, amazones, exclusives, elles deviennent de vraies front-women. Tout le monde peut s' exprimer, pas besoin de maitriser telle ou telle technique, on parle peu et on agit...vite. L' arrogance est de mise, tout est dans l' attitude, le mouvement est codifié à outrance, utilisant le cliché comme étendard. La laideur à son paroxysme devient beauté. La "logique" du No Future c' est tout, tout de suite! Le mouvement est révolutionnaire, plus rien n' a été pareil par la suite: musique, graphisme, l' influence du punk est encore bien présente aujourd'hui. Le mot est galvaudé, donnant lieu à toutes sortes de clowneries, mais j' ose espérer que l' esprit est encore bien là! Paradoxalement le mouvement m' évoque une certaine forme de pureté et de naïveté dans laquelle je me reconnais. Et puisque tout est grave, rien n' est sérieux, j' ai choisi de l' illustrer avec mes Blythe...

Complacency has been killed and my vision of things has changed. Women have a dominating role in this movement, they have something to say and claim it. Warriors, amazons, exclusive, they become true front-women. Everyone can express itself, no need to master a particular technique, we speak little and we act...fast. Arrogance is here, everything is in the attitude, the movement is outrageously codified, using the cliché as banner. Ugliness in its paroxysm becomes beauty. The "logic" of No Future. That's everything, now! The movement is revolutionary, nothing was similar afterward: music, design, the punk influence is still very present today. The word is overused, leading to all sorts of clowning, but I dare hope that the spirit is still here! Paradoxically the movement reminds me a certain kind of purity and naivety in which I recognize myself. And because everything is grave, nothing is serious, I chose to illustrate it with my Blythe...

Fond d'écran


tartan


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Fasciner en faisant du moche, tout un programme. Enfin, du moche, ce qui était considéré comme tel à l'époque. Fallait voir les tronches des présentateurs de FR3. Les critères ont changé depuis. On n'est pas à une contradiction près, halte aux idées reçues: à la grande stupéfaction de l' establishment les punks appartenaient à la bonne société. Non seulement ils sont laids et grossiers, mais en plus ils sont riches. C’est insupportable…
Non, plus rien ne sera comme avant.
Si aujourd' hui je me suis bien adoucie, je ne peux pas renier une partie de moi. Oublier les séances photo au Père Lachaise, où l' on se laisse enfermer pour la nuit, le premier train du matin pour passer l' oral du bac. Les pochettes de disques, avec pour seuls outils, une photocopieuse, des feuilles de Letraset et une paire de ciseaux, les cahiers de collages, les K7 où l' on enregistrait les premières émissions de radio libres et qui circulaient à l' inter cours, les fanzines, les concerts improvisés et organisés sur un coup de tête, les boutiques de Pigalle, et les friperies bien sur. Je porte toujours cette veste en autruche trouvée un petit matin dans une poubelle, magnifique et de très belle facture: à qui appartenait elle? Tout cela est arrivé grâce à cet article lu dans Elle: un bouleversement tient souvent à très peu de choses. J' avais 12 ans mais j' ai été marquée à jamais. La contradiction ça me connait, mes gouts ont évolué mais tout cela fait partie de moi.

Fascinating by uglyness, such a program. Well, what was considered as such at the time. You should have seen the grotesque presenters' faces on TV screens. Times have changed from then. A contradiction more or less, stop to easy ideas: It's a deep bewilderment for the Establishment the punks belonged to the good society. Not only are they ugly and rude, but also increasingly they are rich. That's unbearable...
No, nothing will be the same again.
If today I am softer, I can not deny that punk is part of me. Forget the photo shoots at Pere Lachaise, where we let ourselves locked for the night, waiting for the first morning train to pass my school diploma. Record sleeves, with for only tools, a photocopier, Letraset transfers and scissors, the tapes where we recorded the first free radio programs which we exchanged at school, the fanzines, improvised gigs organized on an impulsive act, Pigalle stores and thrift shops of course. I still wear this ostrich jacket found an early morning in a trash can, magnificent and very well-made: to whom belonged it? All this happened after reading this article in Elle: a revolution is often due to not much. I was 12 it was a gun forever. I'm familiar to contradiction , my tastes have changed but all of this is a part of me.



Hot Summer


PulloverHole

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Décalage donc, et si le punk était arrivé à la mauvaise époque? Ceux qui l' ont vécu ont eu de la chance, je suis un peu trop jeune pour ça et de toute façon, j'ai toujours pensé que j' étais née à côté de la plaque : j' aurais aimé entrevoir la vie au début des années 50 pour pouvoir connaître l'explosion créatrice de la deuxième partie des sixties, mais cela est une autre histoire... Si le punk est toujours aussi populaire aujourd'hui, et ne s'éteint pas, je pense que c'est parce qu'on avait affaire à un mouvement totalement ant-garde. Si l'ont met de côté tout le folklore qui s'y rattache, il s'impose aujourd'hui comme une vérité indispensable. Nihiliste, réduit au strict minimum, débarrassé de tout superflu, c'est avant tout un état d' esprit. D'une lucidité extrême, les punks ont été des précurseurs sans le savoir. La deuxième partie des années 70, en comparaison de ce qui se passe aujourd'hui, était une époque bénie. Bizarrement, en ce moment, alors que tous les éléments sont présents pour une nouvelle révolution, il ne se passe...pas grand chose.
Ce retour du mouvement n'est peut être pas seulement un phénomène de mode éphémère (j'ose l' espérer) et n'est probablement pas si innocent que ça. Alors: Punk's not dead?
Exact. Pour toujours!

It's like a clock out of adjustment and I ask myself if punk arrived at the bad time. Those who lived it were lucky, I am too young for that and anyway, I always thought that I born at the wrong period: I would have loved to glimpse life in the early 50s to be able to know the creative explosion of the second part of the sixties, but that's another story...
If punk is still so popular today, and standing now, I think it's because we had to deal with a totally avant-garde movement. If we puts aside all its folklore, it stands out as the indispensable truth today. Nihilistic, performed only in its vital area, cleared of quite superfluous, it is above all a spirit. Due to an extreme lucidity, punks were precursors without knowing it. The second part of the 70s, by comparison with what takes place today, was a blessed period. Oddnes, in present times, while all the elements are present for a new revolution, nothing replace.
This comeback of the phenomenon, is probably not a short-lived fashion ( I dare to hope for it) and that don't seems so innocent. So: Punk's not dead?
Right. For ever!


I'm a Cliché




Red Star2





To Poly


OH ! BONDAGE ON YOU


C'est fulgurant. Notre gladiateur maison s'est fait étaler au deuxième round et ce qu'on a sous les yeux dépasse tout. Aucune montée en puissance, du direct. Ca bouge dans tous les sens. Mike a le look. Son hématome ne peut pas mieux tomber. La p'tite gonzesse boulotte gambettes et jupe courte de cuir gesticule comme un électron libre, insaisissable. Elle hurle haut. Elle est en permanence relayée par une autre nana au sax (aucun solo). Ils sont hyper jeunes. Leur public aussi. Des kids ont les cheveux très courts. Rodgert a 10 ans de plus. Beth a viré son soutif.

Et ces chansons ! D'une qualité exceptionnelle ! Pas une faiblesse ! Même (LA) chanson lente qui est superbe. I am a cliché. Moi aussi ! Tout le monde est cliché la-dedans ! Ca déménage d'un pur moment de bonheur à un autre dans une succession très vive. Faudrait qu'ça ne s'arrête jamais ! C'est trop bien !

Pas une seconde pour se reprendre. Une énergie incroyable. Poly Styrène ne te laisse pas respirer ! Elle n'en rajoute pas, pas besoin. Elle fait son truc, c'est tout.

C'est clair et destroy à la fois. Ca danse pas ! Ca bondit, ça respire, ça s'embrasse, ça bouge, ça 'Yeah !' à la fin de chaque titre, cris immédiatement couverts par l'attaque du suivant. Y'a qu'le lieu qu'est embrumé ! C'est le plus beau concert que j'ai vu de ma vie. Je dirais ça à chaque fois !

Laura Logic fait jaillir ses envolées de Sax. La sueur est partout. La libération totale. Y'a une communion. Des regards vifs et entendus. Tout le monde est pote, on ne peut échanger un mot. Trop de boucan.

C'est fini ? Nan... Sur 'Artificial' le bassiste fait une démonstration de sa classe naturelle. L'Angleterre s'est trouvé une âme.

Sortir du truc ! De l'air, par pitié de l'air ! Et à boire ! J'ai vraiment trop gueulé ! Un sifflement sourd, persistant ne lâche pas les tympans ! Aucune importance, faut passer à la suite, vite !!!

A l'arrière de la cooper qui se faufile difficilement dans la cohue, Beth a écarté les jambes. Peu importe qui conduit ! Peu importe si ses frères la matent du coin de l'œil dans le rétro (ou plutôt, tant mieux !). Sa culotte blanche est trempée. Elle n'en peut plus d'attendre le retour au bercail, ses mains ont des gestes mécaniques répétitifs nerveux de bas en haut de son corps. A chaque nouveau mouvement, elle relève un peu plus sa légère robe grise moulante. C'est insupportable !

L'arrivée est une libération. Elle me balance dans sa chambre. Elle veut que je la touche. Partout. Que j'admire et profite de sa sublime beauté. Elle veut s'assouvir. S'intimer au fond d'elle que rien ne peut lui résister. L'excitation communicative qu'elle a provoquée chez le jeune homme, doit lui être entièrement dévolue. Elle est la plus belle. La plus désirable. La plus tout ! Il faut qu'elle en soit sûre !
Il faut qu'elle se montre nue pour, si c'est possible, s'en persuader encore plus !

Que je la prenne aussi pour soulager ses pulsions récentes insatisfaites (ça la turlupinait depuis déjà un p'tit moment, en fait). C'est fait ! Le frenchie, c'est elle qui l'a eu la première !

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Beth a adoré !

Le lendemain au p'tit dej, elle m'avoue que le premier truc, elle n'avait pas tout compris, mais là, la prestation de X-Ray-Spex . Ca l'a scotchée !









To Poly


OH ! BONDAGE ON YOU


It's flashing. Our gladiator at home has been swept up in the second round and what is in front of me exceeds all. No rise in power, only direct. It moves in all directions. Mike's got the look. His hematoma can not be better. The short-legged plump woman in leather skirt, is like a free electron, elusive. she screams sharply. She is constantly relayed by another chick on sax (no solo). They are super young. Their audience too. Some kids have very short hair. Rodgert is 10 years older. Beth has removed her bra.

And those songs! Exceptional quality! Not a weakness! Even (THE) slow song is superb. I am a cliché. Me too! Everyone is cliché there! It moves from a pure moment of happiness to another in a speedy fierce succession. That should never stop! It's too much!

No time to recover. Incredible energy. Poly Styrene do not let yourself breathe! She doesn't give add, not need. She does her thing, that's all.

It's clear and destroy both. There is no dance! That jumps, that blasts, that kisses, that moves, that 'Yeah!' at the end of each title, immediately covered by the shrieks at the start of the next song. Only this place is in the smoke-screen. This is the best gig I've seen in my life. I say this every time!

Laura Logic soaring sax comes in spurts. Sweat is everywhere. It's total freeing. There's a communion. Some accomplice glances. Everyone's buddy, we can not exchange a word. Too much noise.

It's over? Nooooo ... On 'Artificial' The bassist makes a demonstration of his natural class. England has found a soul.

Out of there! Fresh Air, Some air for pity's sake! And a drink! I really screamed too much! A deaf whistle, persistent, don't give up my ears! I don't care, I need to move, quickly!

At the rear of the Cooper that winds with difficulty through the crowd, Beth stands with one's leg apart. No matter who drives! No matter if her brothers give a side glance in the mirror (or rather, that's fine!). Her white panties is soaked. She can no longer wait for the homecoming, her hands were with nervous gestures repeated mechanical up and down along her body. With each new movement, she lifts-up a little more her skin-tight grey dress. It's unbearable!

The arrival was a liberation. She swings in her room. She wants me to touch her. Everywhere. That I admire and enjoy her sublime beauty. She wants to be satisfied and satiated. To be sure in her heart that nothing can resist it. The communicative excitement that she has caused to the young man, must be fully devoted to her. She's the most pretty. The most desirable. More than everything She needs to know! She has to show herself naked for persuade herself even more!

I get the better of her to relieve her recent not satisfied urges (already since a little time). Done! The Frenchie, she was the first one!
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Beth loved it!

The next day at breakfast, she confesses that the first time she did not understand everything, but now, with the delivery of X-Ray-Spex. She joined.


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Texte extrait de la Genèse de l'Epingle de Christophe Orange - Editions Amalthée - septembre 2009
Tous droits reservés.

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