samedi 30 avril 2011

Rouen au temps du Massacre (la suite de la Genèse)





à Catherine Laboubée; parceque sans Elle...
... le Rock d'àRouen, ben, il n'aurait pas eu la même couleur.



Rouen2





DOMINIQUE où que tu sois ... tu les lis ces lignes là... hein dis... tu les lis...


A force de travail, ça commençait à rouler pas mal. C'est Lionel qui avait eu l'idée : “Pourquoi n'en parles-tu pas à Hugues, tu pourrais progresser....”.

A oui, évidement, sur ce plan là, évidement....
- Tu fais 808 909, c'est facile, tu dis que c'est moi qui te l'ai donné, mais ça tu sais.

Il a dû répondre directement, je crois, j'avais un peu hésité quand même. A ce moment, je suivais un stage en informatique, rue de la Chaîne, à la CAHN et le téléphone, bien que libre, n'était pas spécialement destiné à ce genre d'appel :

- “ Oui, oui, bien sûr, si tu veux, ce soir, Piscine L'ile Lacroix, c'est bien”.

Nous étions en août 1982. L'aventure avait commencé depuis un bon moment déjà. Mais moi, j'avais dû prendre le train en marche : je rentrais de Londres, où ce genre de farandole nous était coutumière, puisque quotidienne....







Dominique omniprésent.














Je conçois que l'affaire puisse sembler saugrenue aujourd'hui ; mais tout tournait autour de deux hommes. Rien de ce qui se faisait musicalement parlant d'intéressant à ce moment là sur Rouen, n'échappait à Lionel ou Dominique. Ils avaient pas mal de points communs, dont deux en particulier : la gentillesse et la disponibilité. De nos jours, les centres d'intérêts, forts furtifs, sont dispersés, car l'attention est sollicitée en permanence, et ce, pour des sujets les plus divers. Sordide Jean-Pierre T. appartenait à une sphère Sentimentale que je n'ai jamais pu atteindre. Je le regrette d'ailleurs...

Entre 1977 et 1983 (pour moi, la fin de la fête, puisque Mélodies Massacre avait disparu), il ne s'agissait que de musique. Je serais même encore plus exclusif en écrivant : « que de musique à Rouen ». Le reste n'avait pour nous aucun intérêt, Le Havre existait à peine, on ne s'invite pas au Suicide tous les jours, et Paris, pas du tout. Londres et Boston étaient les pourvoyeurs, et l'on faisait nos propres trucs.

Je n'ai pas ressenti de rupture lors de mon retour en septembre 77, simplement, les choses ont été un peu plus lentes à se remettre en marche, dans la mesure où je ne connaissais quasiment plus personne : 1 an à cette époque à Rouen ; autant dire une éternité, on était oublié. Pas de question posée. Il se passait quelque chose tout le temps.



Il y avait des plaques tournantes individuelles. Enfin deux, mais pas pour les mêmes raisons. A Hill, j'avais cru tout voir, tout comprendre : fort de mes Ten Years After et Sex Pistols originaux que j'avais vu, j'étais paré, ça impressionnait mes potes. Lionel, au départ pas franchement emballé, allait faire fructifier au centuple ce maigre capital acquis à grands coups de décibels rageurs....
Tout cela amusait plutôt Dominique. 1974 était loin, et il se sentait soulagé quelque part, 'd'avoir fait souche'. Il adorait le dialogue et le recherchait. Alors, forcement, ça causait.
« Non, mais attends, arrêtes.... les Damned sans Brian James, c'est pas les Damned ça », des trucs comme ça. Les Lucky Strike défilaient quand même pas mal, et ça, y'en a un que ça rendait quand même malheureux : « vous verrez, vous en reviendrez les jeunes de ce truc là ».
Le tolier essayait d'arrêter de fumer et ça le faisait enrager. Eric n'était pas concerné, et nous, on s'en fichait complètement : on croyait qu'un coup de piscine, et hop, c'était oublié.... jusqu'au concert suivant....



Dominique m'avait dit « on va faire Nineteen.... ».






Ce qu'il faut bien comprendre, c'est ce phénomène de confrontation. Les Dogs étaient hors de portée, ça ne se discute pas. Les Olivensteins aussi, mais, ils avaient fait dans l'éphémère.

Quand Best a débarqué, les groupes, ça pullulait partout. N'importe quel single était exploité jusqu'à la corde, et ça avait intérêt de tenir la route, sinon, c'était ambiance Taxi Girl : viré ! Chacun avait son style, si on veux, mais beaucoup étaient incapables, pour des raisons les plus diverses, de sortir quelque chose de vraiment valable. La dispersion était de mise : on n'écoutait, mais ne jugeait pas, chacun faisait son truc en fait. Chacun aidait comme il pouvait, les Dogs en tête. Ceux qui parlaient, c'étaient les journalistes, ils sont payés pour ça. Certes, on lisait leurs papiers, mais comment en tenir compte ? La seule chose qu'ils savaient écrire c'est qu'hier, c'était vachement mieux.
De temps à autres, Lionel passait à un client de passage un Charly, et celui-ci prenait ça comme un honneur. Il adorait les honneurs.... Ego trip, ambiance pièce sacrée, c'était marrant, pendant que pendant ce temps, me m'excrimais à ranger les disques ; les singles en particulier. C'était tout petit, et de toute façon, c'était trop le cirque. Il fallait passer un temps fou, pour parfois ne trouver rien, ambiance, je l'ai vu l'autre jour ce truc là, sûr! Donc, il avait été décidé de ranger un peu. Hum, ce genre de bonne résolution.... Enfin, ça permettait de voir du monde (beaucoup de monde même) et, petit à petit, de se rendre compte d'un truc : nous, cet univers là, c'était le notre, on n'en sortait pas .... Comme une évidence. Mais cela concernait vraiment qui ?

Et bien, et c'est là le problème, pas grand monde en fait. Dominique, s'en plaignait, et peut être que Best ou Folk n'avaient pas fait assez de pub pour le Walking Shadow, mais la réalité était ailleurs : « Tu sais, les gens c'est tout, tout de suite, le dernier machin vu à la télé ou alors, la pièce connue et reconnue que certains sont prets à payer une fortune en original.... au milieu, t'as un vide.... c'est 2% de la population. La musique, ça ne paye pas, c'est certain.

Dominique « En vivre, on peut essayer... ». Cet aspect financier était troublant. Bon d'accord, les Cramps signés, je ne les avais pas, j'aurais bien aimé... ça, c'est Dominique qui les avait... mais j'avais le reste... et quel reste....

Lionel disait, si tu vois ci, ou ça, tu prends. « Comment vous dites ?» (j'ai toujours vouvoyé Lionel) Ben Vanilla Fudge, mais si.... j't'ai dit l'autre jour : Carmine Appice, le batteur de Cactus, y'avait un autre groupe avant, avec Tim Bogert....
Fallait suivre... mais c'était facile, Tim Bogert est le seul bassiste a jouer sur une 5 cordes, voire 6, et ça je le savais. J'en avais parlé à Hugues qui ne voyait pas très bien ce que ça pouvait apporter... c'était déjà assez compliqué de jouer certains morceaux et surtout de les apprendre (parce que jouer, bof, au bout de la centième fois, ça rentre forcément).... alors,
alors, il était venu chez moi. Pour Nineteen il m'avait montré 3 ou 4 fois, mais il était tard, et je dois reconnaître que je n'étais pas un élève très attentionné... beaucoup trop absorbé par le fait de goûter au plaisir, sans équivalent, d'avoir 19 et No Way pour moi tout seul.

Evidement, dès le lendemain Lionel venait aux nouvelles.... « Alors, ça a marché ? ». ½ heure après, Dominique trouvait que Antoine apprenait vite. Ce qui, il faut bien reconnaître, était loin d'être mon cas.





Rouen, pas de quoi faire un livre.... pffff.... y'en a 10 fois plus quand t'es chez Toi. Pour être honnête, ce qui n'est vraiment pas simple, et bien je dirais que Londres a profité d'une position établie musicalement et d'être une capitale. Le truc, au départ, n'est pas vraiment Anglais, mais ils le jouaient comme personne. Dominique sur ce plan là avait zappé : c'était les sixties sa passion. Lionel aussi dailleurs. Et Eric, le timide aussi avec une ouverture nettement marquée Costello et Smaps. Il jouait les introvertis refoulés dans ses paroles, et là, il faisait vraiment mal.

J'ai eu la même sensation qu'en décembre 76. Rouen a tout explosé, et ça, c'est vraiment le pied. Il faut se situer dans une période à la con pour ça. Là, c'est à nouveau le bon moment. Il faut que ça roule seul. T'accumules, t'accumules, et quand ça crache....
Mais parfois, ça ne marche pas, alors, il faut recomposer avec ce qu'il y a 'sur place'. Sur ce terrain là, Lionel avait de la chance, il y avait plethore de solutions, et on laissait les changements incessants de personnel pour Rennes... Vu de l'extérieur, ça semblait lisse, mais en réalité, j'ai toujours pensé que 'Je T'aime moi non plus' a été composé à Rouen. Et à chaque fois ça marche, car l'intérêt supérieur demeure. Les splits font parti du truc, mais comme ça se reconstruisait immédiatement sous une autre forme, tout cela n'était pas grave.
De toute façon, on avait notre fil rouge, il s'appelait les Dogs.

Mélodies Massacre semblait éternel et je voyais les autres magasins comme des sattelites plus ou moins éloignés. Ca vivotait plutôt bien. Et puis, la Fnac est arrivée, rue Ecuyère. Je pense que ça a tué quelque chose. Rouen ne doit pas comme être considérée comme une ville de province de plus. Lionel en avait marre aussi, il me l'avait dit. Avec Eric, on avait pris le train, déjeuné au Wimpy, et ce jour là, j'ai compris que c'était fini : l'après-midi, pour la première fois je me suis rendu rue Pierre Sarrazin, pour me rendre compte. C'était incroyablement bien aussi, mais c'était autre chose....

Comment vous expliquer ? Déjà t'as l'odeur du torréfacteur plein les narines, et t'oses pas trop rentrer.... tu regardes, les pochettes sont accrochées avec des épingles à linge, les nouveautés, même les pires sont déjà là. Y'a bien un p'tit bistrot d'aspect pas trop accueillant à droite, mais ça, c'est pour après.... Bon, comme il pleut pas mal, tu rentres quand même, et là, changement.... t'as une autre odeur qui t'envahit.... plus prenante encore : carton vinyle que ça s'appelle, avec pochette de protection plastique. C'est sublime. Bien sûr, le paquet de fanzines à droite s'est encore vautré, mais ça, ce n'est pas grave, ce n'est plus fragile car il y a longtemps que le free souple de l'intérieur a disparu. Lionel ne te cause pas tout de suite: le bonjour de rigueur et il te laisse regarder, sauf si tu demandes, genre 'Z'avez vous le dernier Paul Mc Cartney ?' (vécu). C'est facile; le Français et la daube c'est ensemble, à gauche, en te retournant. Les connaisseurs filent direct dans le décroché, ça prend un moment, si t'es raide ou que tu ne sais plus quoi prendre, tu vises Eric, qui lui, va te dire quoi prendre.... sûr!

C'est subtil, les singles sont aussi en bac, dans de longs tiroirs, sous la caisse.... un maximum de trucs total obscurs qu'il faut prendre quand même parce que c'est génial. Les paroles sont sobres, sauf quand ça s'emflamme : "tu ne vas quand même pas acheter ça!... si.... bon, comme tu veux, mais j'te previens, ce coup-ci, tu ne me le ramènes pas!".

Et puis, y'a le retour de décroché, faut se baisser, dans de tout petits placards, genre trappes, une des mines d'or, c'est là. Parce que là, est stockée toute la jeunesse de Lionel...

La jeunesse de Lionel, et l'essence de Nineteen....














copyright L'Illustration Musicale - avril 2011

jeudi 28 avril 2011

Meera Atkinson Interview



Lynd




"Aussie/French Punk-Rock Adventure is a Far and Lovely Story, but nobody knows Why..."






















Vital words indeed!

THIS IS THE PLANET

I am a rule
no ghost's fool
my law is mine
mine
sucked up
from the dirt around my roots
& yours
the ones I couldn't get rid of.
Deliver your red signals personally;
message are unreliable.
Gutsy winds tongue
the sweaty day
smell it's breath.
Touch the silky leaves of
visions dreamt up
old & ugly animals
living on the street
sympathy for the single things.
So I turn to you
& offer my womb
of honey & lemon
give me your eyes before I die give me
your legs your cock your arms & your
mouth.
The flesh of men
stripping my seas.
Venus had no public hair.
Is she standing at the window
of a stoned Manhattan skyscrapper?
who knew her to say those things?
give me the mad skies of love
why not
I'll carry a starry nights
sad
why not

guns & blood hurt.
The wheels of a car.
Venus undressing.
Give me your light.
& rags for my cheeks.

This is the planet that
taught me to cry.


Writer, journalist and, of course, singer in the grand Citadel label, Meera is the rarest, the most original, with lyrics sometimes very dark, completely detached, which constitute another aspect of the exceptional talent of the artists in Darlinghurst. Penetrate this universe is not highly sensitive with the greatest simplicity: it takes time, perseverance and audacity.

Meera is worth seeing. When you have made ​​all these efforts (to find the record too), you will enter into Punk Rock-flayed, a universe of inhabited climates and emotions adorned with the rare raw beauty, that we do not see, that we found only there.

I entered this world ....







Ecrivain, journaliste et, bien sûr, chanteuse sur le grandissime Citadel, Meera est la plus rare, la plus originale, avec des textes parfois très sombres, complètement détachés, qui constituent l'autre aspect du talent exceptionnel des gens de Darlinghurst. Pénétrer cet univers ultra sensible n'est pas de la plus grande simplicité : il faut du temps, de la persévérance et de l'audace aussi.

Meera se mérite. Quand vous aurez fait tous ces efforts (pour trouver le disque aussi), vous accedérez au Punk-Rock écorché, un univers peuplé de climats et d'émotions paré de la très rare Beauté brute, celle que l'on ne voit pas, celle que l'on ne trouve que là.

J'ai pu accéder à ce monde....





1) Hello Meera. In France, few people know Citadel, other ask me questions, do you know her? blah blah blah ... Yes, a little, a little bit... I dare not answer them. The simplest is perhaps that you present yourself. Meera, who are you?
Meera bonjour. En France, les gens connaissent Citadel, alors, on me pose des questions : tu la connais ? blah blah blah... Oui, un peu, un tout petit peu... je n'ose pas leur répondre. Le plus simple est peut-être que tu te présentes ? Qui es-tu Meera ?


That's a quite a question and I'm tempted to answer with existential angst like I'm just one of many beings that woke up and found themselves here and ever since I've been trying to find my way through the theatrical technicolour maze of so-called reality but I'll try to keep it simple - my Facebook profile byline is 'Writer. Dreamer. Lover.' It's a joke of course but also true. I'm primarily a writer, in whatever form the muse wants on any given day, and I'm a dreamer in the sense that I tend to live in a reflective, imaginative and creative way, and I do my best to love well, because cliche though it is, it's the most important thing in life and without it nothing else matters.

Meera the record


Alors ça, c'est LA question, et je suis tentée de répondre cette angoisse existentielle, que je suis juste un des nombreux êtres qui se sont réveillés et qui se sont retrouvés là, et que, depuis, j'ai essayé de trouver mon chemin dans ce dédale technicolor théâtral que l'on appelle la réalité. Mais, je vais essayer de te répondre simplement : ma signature sur mon profil Facebook est 'Writer. Dreamer. Lover'. C'est une blague, bien sûr, mais c'est également vrai. Je suis avant tout un écrivain, sous la forme que le créateur m'a un jour donné, et je suis aussi une rêveuse, dans le sens où j'ai tendance à vivre d'une façon réfléchie, imaginative et créative. Je fais de mon mieux pour aimer, aimer tout le monde, parceque, aussi cliché que cela soit, c'est la chose la plus importante dans la vie. Sans cela, il n'y a rien d'autre.





2) Je reviens sur le disque...
It is very surprising.
one enters a shifted world, which is like nothing. While we believe to have understood, just after the opening track, you guide us to a dark world, in a second time the surprise is complete with ... I say nothing, I let the people discovering ...
Over and above discovering your special universe, don't you wanted to 'confuse' the listener, forcing him to think, to be as attentive as possible, right?
What is the history of the LP?


.... on entre dans un univers décalé, qui ne ressemble à rien. Alors que l'on croit avoir compris, juste après le titre qui ouvre, que tu nous emmènes dans un univers noir, par moment la surprise est totale avec ... je ne dis rien, je laisse les gens découvrir...
En plus de pouvoir pénétrer ton univers si particulier, tu voulais 'perdre' l'auditeur, le forcer à réfléchir, à être le plus attentif possible, c'est ça ?
Quelle est l'histoire du disque ?


"WILD MEERA"











That's going back a long way. For me that record feels like it comes from a past life and in many ways it does. It was recorded close to 25 years ago and a very different me made it. I had started writing poetry as a nomadic teenager and in my early 20s I was introduced to the indie music scene in Sydney, which was very active at that time. I became close friends with people from a number of bands and I started writing songs with some of them - lyrics to their tunes - and played around with singing. After a few years I had a batch of songs that had been written with different musicians. I was also interested in poetry performed with music. I was listening to people like Wanda Robinson and Linton Kwesi Johnson, and of course poetry music stars like Patti Smith. So, I decided to get a band together and make a record of songs and poetry and music.

I was a lot less disciplined in my 20s than I am now so it was thrown together sloppily - I tended to be a one draft wonder back then, whip a
poem or some lyrics up and let them stand, with little interrogation of the work, so there are lines I still like and lines I think are shockers that wouldn't have made it to a second draft if I worked then the way I work now. Basically I called some musician friends in, held a few quick rehearsals and then took them into a studio. I don't regret the record but I certainly wouldn't go about it the same way now.





Cela remonte à loin. Pour moi, le disque ressemble, à bien des égards; à une vie passée. Il a été enregistré il y a près de 25 ans par une Meera très différente de celle d'aujourd'hui. J'avais commencé à écrire de la poésie, comme peut le faire une adolescente bohème de 20 ans. Puis, j'ai été initiée à la scène musicale indépendante de Sydney, qui a était très active à ce moment là. Je suis devenu amie avec les gens d'un certain nombre de groupes, et j'ai commencé à écrire des chansons avec quelques uns d'entre eux - les paroles de leurs chansons - j'ai également joué un peu, en plus du chant. En quelques années, je me suis constitué un répertoire de titres qui avaient été écrits avec des musiciens différents. J'ai aussi été intéressée par la poésie mise en musique. J'ai écouté des gens comme Wanda Robinson et Linton Kwesi Johnson, et bien sûr, des Rock stars comme Patti Smith. Alors, j'ai décidé de former un groupe et de faire un disque de chansons de poésie et de musique.

A 20 ans, j'étais beaucoup moins disciplinée que je le suis maintenant, et le tout a été jeté comme ça, avec négligence - à l'époque, j'avais tendance à tout à faire d'un coup, que ce soit un poème ou une chanson, et à laisser reposer, sans me poser trop de questions, donc il y a des choses que j'aime toujours, et d'autres dont je dirais qu'elles me choquent quand je regarde comment je travaillais, en comparaison à ce que je fais maintenant. J'ai appelé quelques amis musiciens, avec qui j'ai fait quelques répétitions rapides avant de les emmener dans un studio. Je ne regrette pas le disque, mais, si c'était à refaire aujourd'hui, je m'y prendrais autrement.


Meera2
I left school at 13 and never did get a basic education despite earning two degrees, one post-grad. As a result I suck at grammar, which is unfortunate for a writer....
J'ai quitté l'école à 13 ans, et n'ai jamais reçu une éducation de base digne de ce nom, malgré le fait que j'ai obtenu deux diplomes et un accessit. Il en résulte des lacunes en grammaire, ce qui est assez génant pour un écrivain...






3) Alors bien sûr...
Some years ago I would have liked to hear "This Is The Planet II", the first is so good. I spoke to Meera who answered me that now she is only singing in the bathroom. I made ​​myself in this idea, but there a few weeks ago: "Hey, Chris, I'm in a band again!!!"... I want to know everything! Immediately!
Il y a quelque années, j'aurais bien aimé entendre le "This Is The Planet II", le premier est tellement bien. J'en parlais à l'interessée qui me repondit que désormais, elle ne chantait plus que dans sa salle de bain. Je m'étais fait une raison, et là, il y a quelques semaines : "Hey, Chris, j'ai un nouveau band!"... je veux tout savoir! Tout de suite!


It's an unexpected turn all right. Over the last ten years I'd started broadening my writing horizons - branching into fiction and non-fiction as well as continuing to write poetry erratically. I didn't see myself singing outside the shower again or writing more songs and lyrics, but then I met my partner, Gregory Atkinson (who happens to have the same surname).

Greg had been the songwriter, singer and bassist for a band called Ups and Downs that was big on the indie scene back in the 80s. After that he was the songwriter, singer and guitarist for Big Heavy Stuff. We started working together and have now formed a band with Thomas Ashelford, of ex-indie bands Ashtray Boy and Big Home Orchestra. We started out recording a couple of poetry music pieces to submit to literary journals that take audio content and we're now working on songs. It's great working with those guys. They're both obscenely talented and we're excited about this surprising
development. It's early days and though we're unlikely to become household names it's a fertile time. We're just going with it with plans to work slowly toward some live performances and an album.


A vrai dire, les choses ont pris une tournure inattendue. Au cours des dix dernières années, j'avais commencé à élargir mes horizons dans l'écriture - avec des ramifications dans les mondes de la fiction et non-fiction, tout en continuant à écrire de la poésie de façon erratique. Je ne me voyais plus chanter en dehors de ma douche, ou encore écrire chansons et des textes.

Mais, j'ai rencontré mon partenaire, Gregory Atkinson, qui se trouve avoir le même nom de famille que moi.
Greg avait été l'auteur-compositeur, chanteur et bassiste d'un groupe répondant au nom de Ups and Downs, qui avait eu une renommée certaine sur la scène rock indé dans les années 80. Après cela, il avait été l'auteur-compositeur, chanteur et guitariste de Big Heavy Stuff. Nous avons commencé à travailler ensemble et on a formé un groupe avec Thomas Ashelford, ex Ashtray Boy et Big Home Orchestra. Pour le moment, nous avons enregistré deux morceaux de poésie que nous allons soumettre à des revues littéraires, pour que ces gens s'imprègnent de leur contenu. Nous devons maintenant nous concentrer sur les chansons. C'est formidable de travailler avec ces musiciens là. Ils sont tous deux incroyablement talentueux, et nous sommes enthousiasmés par leur surprenante force de créativité. Il est encore trop tôt pour savoir si nous deviendrons des noms familiers, mais les temps sont favorables. Pour l'instant, nous allons simplement continuer à progresser lentement, ce qui nous conduira à des représentations live, puis à l'enregistrement d'un album.






4) Impossible not to mention the literary activity of Meera. There is a new book in preparation ... What about?
Hey Meera ... don't you ever stop ....

Impossible de ne pas évoquer l'activité littéraire de Meera. En ce moment, encore un nouveau livre est en préparation... de quoi s'agit ?
Dis Meera... tu n'arrêtes pas....

The book is a poetic prose and experimental novel. It's part of my PhD on the trans-generational transmission and poetics of trauma

Le livre est une prose poétique et roman expérimental. Cela fait partie de ma thèse de doctorat sur ​​la transmission trans-générationnelle et la poétique d'un traumatisme.




A literary journal that Meera contribute :

Making Perfect Bodies
Voyage au bout du concept de la beauté éternelle
Voyage into the concept of eternal beauty

Le site Littéraire de Meera est ici / Here, the Meera's literary works:
http://sites.google.com/site/meeraatkinson/ (clic on pic)

Meera site





Il y a les chansons pour les autres artistes aussi :

One of the other Meera's songs...





5) How can you reconcile the PhD, essays, short stories and novels (many), rehearsals and recordings with the band and ... and family life? Have you time left for recreation ?
Comment parviens tu à concilier le doctorat en philosophie, les essais, nouvelles et romans (nombreux), les répétitions et enregistrements avec le groupe et ... et la vie de famille ? Il Reste-il de la place pour le reste ?

Lynd5S

Right now is an intense and busy time because a PhD is a lot of work and then there are essays, conference papers, songs and band sessions on the side, but I do have periods of not writing essays, stories or poems, and just focusing on the PhD, and over the years I've had some long periods not writing at all. At the moment it's a bit of a juggling act, and maintaining balance is always tricky when very busy. I don't have children so it's easier for me than some, though I do have two spoilt cats to tend to.

Il est certain que ma vie en ce moment est intense et bien remplie. Le doctorat représente beaucoup de travail, et puis il ya des essais, les écrits pour les conférences, les chansons et les répétitions avec le groupe. J'ai aussi des périodes où je n'écris pas d'essais, des histoires ou des poèmes, pour me concentrer uniquement sur le doctorat. Au cours de ma vie, j'ai eu quelques longues passes où je n'écrivait rien du tout. Tout de suite, c'est un peu un numéro de jonglage: il est certain que le maintien de l'équilibre est toujours plus délicat lorsque tu es très occupé. Je n'ai pas d'enfants donc c'est plus facile pour moi que pour d'autres, mais j'ai deux chats que j'ai tendance à gâter.




6) It's true that autumn is the season of the absolute, since we have all lived and we know that the arrival of the snow is relentless ... But people in your case know, better than anyone, burn the light like if each time was the lastest. Is it your state of mind? How the situation has evolved? Do you see any glimmer of hope, I think about the Internet, wich despite all its shortcomings, brings people together .. Are you a witness ... ?
Il est exact que l'automne est la saison de l'absolu, puisque l'on a tout vécu et que l'on sait que l'arrivée de la neige est inexorable... Mais, les gens dans ton cas savent d'autant mieux allumer les flammes, comme si à chaque fois, c'était la dernière. Est-ce ton état d'esprit ? La situation a t-elle évolué ? Vois-tu une quelconque lueur d'espoir, je pense à l'internet qui, malgré tous ses travers, rapproche les hommes.. Es-tu un témoin... ?


I like that French English turn: 'burn the light like if each time was the lastest' Christophe. Lovely. My state of mind is strong and healthier than ever, and of course still vulnerable to the faultlines and moments of insanity that beset all but the Buddhas and animals in the wild. The story of how my situation has evolved is too complex to tell here, but the good news is it has. As to whether I see glimmers of hope . . . Hope is such a strange concept. What does it mean? To hope is perhaps to already set yourself up for disappointment and disillusionment because to hope must mean to hope for something particular and if you're hoping for something particular you're asking life to do your bidding, and life often has other ideas. That said I think it's good to know what you want and to go for it while relaxing any temptation to grasp or force it. I don't mean to be cynical at all. Life is better for me than ever and I feel that wonderful things are happening and possible. I suppose rather than thinking in terms of hope I think in terms of trusting the process of life. There is wisdom in the process of life that is beyond my limited vision. I try to surrender to, and work with, that.

Your question am I witness is an interesting one, particularly in terms of my research around trauma. To my mind all artists, of whatever kind, are witnesses.




J'aime cette traduction franco-anglaise «brûler la lumière comme si chaque fois était la dernière", Christophe, c'est charmant. Mon état d'esprit est plus fort et plus sain que jamais, mais est, bien sûr toujours vulnérable aux failles et aux moments de folie qui nous assaillent tous, sauf les bouddhas et les animaux sauvages.
L'histoire de l' évolution de ma situation est trop complexe pour être racontée ici, mais la bonne nouvelle, c'est que ça a évolué. Quant à savoir si je vois des lueurs d'espoir. . .
L' espoir est un concept étrange. Qu'est-ce que cela signifie?
Espérer, c'est peut-être être déjà se préparer à la déception et à la désillusion, car l'espoir doit signifier espérer quelque chose de particulier, et si vous espérez ce quelque chose de particulier, vous demandez à la vie de gagner votre pari. Seulement voilà, souvent la vie a d'autres idées.
Cela dit, je pense qu'il est bon de savoir ce que l'on veut et d'y aller, tout en résistant à la tentation de se précipiter ou de forcer.
Je ne veux pas être cynique du tout. La vie est pour moi meilleure que jamais, et je crois possible que des choses merveilleuses se produisent. Plutôt que de penser en termes d'espoir, je pense en termes de confiance dans le processus de l'existence.
Il ya une sagesse dans ce déroulement là qui est au-delà de ma vision limitée.
J'essaie de m'abandonner à celà et de travailler avec.


Ta question, "suis-je un témoin" est intéressante, notamment au regard de mes recherches autour du traumatisme. Pour moi, tous les artistes, quels qu'ils soient, sont des témoins.






Fantastic Meera's song there : savage, speed & brilliant.
Absolute Punk Sounds ! RAGE !








Lynd2





Meera...











Copyright Meera Atkinson - Concept Art & Illustrations Lyndelle Jayne-Spruyt - Tous Droits Réservés - L'Illustration Musicale Avril 2011

vendredi 15 avril 2011

Analogy - Martin Thurn Mithoff Interview



Martin Thürn








LE CHEVALIER






















Je n'ai pas choisi cette appellation au hasard : oui, Martin Thurn est un chevalier. Depuis maintenant 40 ans, il poursuit sa route sans faillir. Martin est un vrai créateur, de cette trempe de musiciens qui ne se laisse pas détourner par une mode ou autre tendance éphémère... tout en sachant, ce qui est encore plus fort, se renouveler au sein de groupes, lieux et line-ups différents. D'une réalisation à l'autre, on change de monde... et pourtant, au premier coup d'oreille, c'est toujours d'Analogy dont il s'agit. Oui, Martin 'a un style'. Mais comment fait-il ?
Disponible en ce moment, juste avant de rejoindre l'Italie, le pays d'adoption du groupe, l'occasion de se faire expliquer ces choses était trop belle....

I did not choose this name at fortuitously : yes, Martin Thurn is a knight. Since the 40 past years, he follows his way without turning away. Martin is a true creator of this caliber of musicians who do not leave deflected by a fashion trend or anything else... and knowing, which is even harder, avoiding repetition within his succesive bands, places and different line-ups. From a work out to the next, the listener changes of world, however, at the first sign, first note, it's obvious to recognize Analogy. Yes, Martin has a style '. But how does he do?
Free at this moment, just before joining Italy, the band's deep country, the opportunity to know these things was too tempting ....




Q1 1) Martin bonjour. En tout premier lieu, une question d'ordre général me torture l'esprit depuis un bon moment : dans la composition recherches-tu d'abord le climat , si caractéristique (quelque soit le genre dailleurs, progressif ou médieval, il y a des points communs) propre à Analogy, si bien que très vite, il n'y a plus que les points de détails à apporter, ou, au contraire, est-ce une construction brique après brique, un enrichissement à partir d'une idée intéressante. En clair, cela fonctionne comment l'écriture de la musique progressive ?
Hello Martin. First of all, a general question tortures my mind since a long time: when composing, are you searching first, the so recognizable climate (whatever the style, progressive or medieval, there are some points in common) suitable for Analogy, and then, there is still the points of detail to add, or instead , is it a brick by brick building, a fortification from an interesting idea.
In fact, how does it work writing progressive music ?



First of all, thank you for the knighthood but I think you are exaggerating here. Even the Queen has not bestowed the honour of a knighthood on me yet and I seriously doubt she ever will. But back to your question: When I write songs I never think rationally or plan anything strategically, i.e. I never think of Analogy or Earthbound requirements, moods or audience expactations. I simply play around ideas on my guitar or piano and look for a melody that gives me a kick. You might have noticed that in most of my music, melodies play a much larger role than technical virtuosity or rhythmic aspects. Once I have found a melodic line, I build the rest around it, which may take only a couple of hours or, in some cases, months to complete. Since I am not a musical genius, I can only play and therefore compose what comes direct from my heart, with the brain playing the role of a moderator.So, I never think in terms of "Oh, I'm gonna write a progressive-rock track now" or a ballad or renaissance-rock music. Then, if the band is around, I throw my provisional compositions at them and wait for their contribution. This process usually changes the song a lot without distorting its original essence. If I'm without a band (like in the Alan&Martin duo), the song would normally remain largely unchanged, which accounts for the many ballads I wrote during the 1980s/1990s.



Alan and Martin duo


En tout premier lieu, je te remercie pour la chevalerie, mais je pense que tu exagéres. Même la Reine ne m'a pas fait l'honneur de m'accorder le titre de Chevalier, et franchement, je doute qu'elle le fasse un jour.
Pour en revenir à ta question, quand j'écris des chansons, je n'elabore jamais quoi que ce soit sur le plan stratégique, c'est à dire que je ne pense pas aux exigences d'Analogy ou de Earthbound, aux humeurs ou aux attentes du public. Non, je joue simplement autour d'idées sur ma guitare ou au piano, et je compare les différentes mélodies pour ne retenir que celles qui me donnent de l'adrénaline. Tu as sans doute remarqué que, la plupart du temps dans ma musique, les mélodies jouent un rôle beaucoup plus important que de la virtuosité technique, ou les structures rythmiques. Une fois que j'ai trouvé une ligne mélodique, je construis le reste autour, ce qui peut prendre quelques heures ou, dans certains cas, des mois. Comme je ne suis pas un génie musical, je ne peux jouer et donc composer que ce qui me vient directement de mes tripes, le cerveau joue donc le rôle de moderateur. Je ne me lance pas dans des trucs du genre «Ok, aujourd'hui, je vais écrire un titre progressif» ou une ballade, ou de la musique Renaissance orientée rock.
Ensuite, quand on se retrouve avec le groupe, je leur soumets mes compositions, mes projets, et j'attends leur contribution. Cette façon de faire généralement modifie la chanson sans dénaturer son essence originelle.
Si je travaille en dehors d'un groupe (comme dans le duo Alan & Martin), la chanson demeure inchangée, comme on peut l'entendre dans les ballades (nombreuses) que j'ai écrites au cours des années 80 et 90.





Q2 2) En ce moment, est-ce que tu joues encore régulièrement de la musique, ou es-tu trop absorbé par ton activité professionnelle ? Jutta m'a parlé d'un grand rendez-vous en mai 2011, pour le cinquantième anniversaire de l'école de Varese, qui sera l'occasion de vous retrouver, c'est ça ?
In present time, do you still play music regularly, or are you too absorbed by your work? Jutta told me about a big event in May 2011 for the fiftieth anniversary of the Varese school, which will provide an opportunity to meet you all together, is it right?


No, I'm not playing regularly at the moment, in the sense that I do not have regular concerts or tours. Occasional big gigs - like the one last year with Analogy/Earthbound in Milan - and the odd one-man (or two-men) show on special occasions here or there are the only contact with the public, but, you know, music is my favourite drug and I am a real addict.
So, I play a lot at home (also together with my son) and occasionally record some songs in a studio together with my Californian friend Dave Storey. In fact, I'm working on the release of a CD with my solo songs at the moment but it will be difficult to find a serious publisher as it is difficult nowadays to sell such a CD when there is no big name behind it.
Moreover, we are concentrating a lot on the Analogy/Earthbound revival project, which might include a new EP. Occasional one-off sessions with Analogy like the studio recording of "Il Ballo dei Grandi Spiriti" in Milan in 2009 round up the picture. The meeting in Varese in early May is really just a small conference with Mauro, Jutta, our publisher Claudio Fucci and a promoter to assess the potential and the organisation of a short reunion tour. The main aspect will be the 50th anniversary of the European School in Varese, where it all started more than 40 years ago.



Non, je ne joue pas à l'heure actuelle, dans le sens où je ne donne pas régulièrement des concerts, ou que je ne fais pas de tournées. Je participe juste à des concerts occasionnels - comme l'année dernière avec Analogy / Earthbound à Milan - ou je fais des choses seul (ou à deux) lors d'occasions particulières, ici et là. Ce sont mes seuls contacts réels avec le public, mais, tu sais, la musique est ma drogue préférée, et je suis un vrai accro.
Par contre, je joue beaucoup chez moi (et avec mon fils) et parfois nous enregistrons quelques chansons dans un studio, avec mon ami californien Dave Storey. En fait, je travaille en ce moment sur la sortie d'un CD avec mes chansons en solo, mais il me sera pas simple de trouver un éditeur sérieux, car il est difficile aujourd'hui de vendre un tel CD, quand il n'y a pas un grand nom derrière.
En outre, nous nous concentrons beaucoup sur Analogy et sur ce projet de relance Earthbound, qui pourrait inclure un nouvel EP. Il y a aussi ces sessions occasionnelles et ponctuelles d'Analogy, comme l'enregistrement en studio de "Il Ballo dei Grandi Spiriti" à Milan en 2009, qui complètent le tableau. La réunion de Varèse au début du mois de mai sera juste en petit comité avec Mauro, Jutta, notre éditeur Claudio Fucci, et un promoteur, pour évaluer le potentiel et l'organisation d'une courte tournée. Le but principal de ce voyage est le 50ème anniversaire de l'École européenne de Varese, où tout a commencé il y plus de 40 ans.



Martin 2001
Varese 2001













Q3 3) En 1972, un certain nombre de personnes voulaient changer les choses de ce monde... Pourtant tout se passait bien, non ?
In 1972, some people wanted to change the world ... Anyway everything was allright, no ?


Ah, yes, we really wanted to change the world big style, and the time seemed so right. There was an air of freedom, of new frontiers to open and taboos to be broken. Great times, but we did not really succeed in changing the world. I am convinced, however, that our generation contributed a lot to the positive developments in European society when it comes to moral values, "Weltanschauung" and, above all, music.


Ah, oui, nous avons vraiment voulu changer le monde, ambiance 'grand style', et le moment nous semblait vraiment opportun. Il y avait un air de liberté, de nouvelles frontières à ouvrir, et des tabous à briser. Grands moments, mais nous n'avons pas vraiment réussi la révolution. Cependant, je reste convaincu que notre génération a beaucoup contribué à l'évolution dans le bon sens de la société européenne, sur le plan des valeurs morales, «Weltanschauung» (ce à quoi l'on croit) et, par dessus tout, on a fait progresser la musique.




Q4 4) Observateur privilégié (puisque sur place) comment as-tu vécu l'arrivée du mouvement punk ?
Privileged observer (at the right place) how have you experienced the arrival of punk?

Martin 77



I remember quite clearly when Jutta and I arrived in London in July 1975. We were still Pink Floydians, lovers of bandy like Genesis, Yes and the London underground where we had our first contacts (Kevin Ayers, Hatfield & The North, Lol Coxhill , David Vorhaus - our EP producer later on -, Paul Buckmaster etc). The very same year, punk hit the scene, and we were shocked! Shocked by their crudity, absurd simplicity and ridiculous ways of singing, in short: Jutta and I hated punk.
We formed a jazz-rock band (Earthbound I) almost as a sign of protest. But without realising it, we were under certain punk/new wave influences, which you can easily detect when listening to the Earthbound live recordings of 1978/79 contained in our three-CD boxset. The music became much "speedier" and more energetic.


Je me souviens très bien lorsque Jutta et moi sommes arrivés à Londres en Juillet 1975, nous en étions encore au Floyd, et écoutions des groupes comme Genesis, Yes et tout l'underground Londonnien, où nous avons eu nos premiers contacts (Kevin Ayers, Hatfield & The North, Lol Coxhill, David Vorhaus - le producteur de notre EP plus tard -, Paul Buckmaster, etc.) La même année, le punk a frappé, et nous avons été choqués! Choqués par leur crudité, la simplicité absurde et ridicule de leurs façons de chanter, bref: Jutta et moi détestions le punk.
Nous avons formé un groupe de jazz-rock (Earthbound I) presque en signe de protestation. Mais, sans que nous nous en rendions vraiment compte, nous étions passés par certaines influences des mouvements punk / new wave, et ça, tu peux facilement t'en appercevoir, quand tu écoutes les enregistrements live de Earthbound période 1978/79, enregistrements que l'on retrouve dans notre Box-coffret 3CD. La musique était devenue plus "rapide" et beaucoup plus énergique.


Q5 5) Musicalement, tous genres confondus, pour ce qui nous concerne en tout cas (disons depuis environ une cinquantaine d'années), on semble observer 'un tassement' (création en panne, pas de nouveau mouvement). J'aimerais ton point de vue là dessus et sur ce qui se passe actuellement. Dans ce contexte, comment y inscrire un (éventuel) nouvel album définitif de Analogy ?
A ce propos, hé hé (j'en profite, hein...).... tu le vois comment ce disque ?
Musically, all styles confounded, if we consider only for our musical world (about since fifty years), there seems to be a slowdown (creation failed, no new movement). I would like your point of view about that, about what is happening now, and in this context, how to write the (possible) new ultimate album of Analogy ?
In this regard, hey hey (I take advantage, eh ...).... How do you see this record ?



Archway33

I agree with what you call a "creative slowdown" in the 1980s/1990s, probably due to digitalisation and total commercialisation. If music is planned on a computer and under the dictate of fast-food radio stations, you can't expect innovation and creativity.
Still, I'm not so nostalgic and pessimistic as many progrock colleagues or journalists. My son Nikolai, who is 18 now, loves my heroes (Clapton, Gilmour etc) but is usually absorbed by the various categories of new metal such as deathmetal (bands like Amon Amarth) or medieval rock (Subway to Sally or Schandmaul). Although I really hate the approach to singing in most of these bands (you can't really call such screaming "singing"), I find creative ideas in there that make me feel optimistic about the future.
Still, downloading and the widespread loss of copyrights translates into lack of a financial basis for serious "handcraft" musicians - a dangerous development as gifted talents have to look elsewhere to make a living.

With respect to a potential new Analogy/Earthbound EP, I already have a couple of tracks lined up, and we will see how the other musicians react to my ideas. I can assure you that it will be - if it happens in the first place - a real fusion of Analogy and Earthbound.





Je suis d'accord avec toi lorsque tu écris "on assiste à un ralentissement de la créativité» à partir des années 80/90. Ceci est probablement dû à la numérisation et à la recherche de rentabilité à outrance. Si la musique est conçue sur un ordinateur, et est distribuée sous le diktat des stations de radio de fast-food, tu ne peux pas t'attendre à de l'innovation et à de la créativité.
Et pourtant, je ne suis pas aussi nostalgique et pessimiste que bon nombre de mes collègues progrock, ou que les journalistes. Mon fils, Nicolas qui a 18 ans, aime mes héros (Eric Clapton, David Gilmour etc), mais est également intéressé par les différentes facettes que proposent les nouveaux groupes de métal, comme le deathmetal (des groupes comme Amon Amarth) ou de la veine médiévale (Subway to Sally ou Schandmaul). Bien que je déteste vraiment l'approche de la plupart de ces groupes en matière de chant (on ne peut pas vraiment appeler ces cris du "chant"), je trouve qu'il y a ici et là des idées créatives, et cela me permet de rester optimiste quant à l'avenir.
Pourtant, le téléchargement et la perte généralisée des droits d'auteur, se traduisent par l'absence de bases financières, ce qui est grave pour les musiciens "artisanaux" - c'est une évolution dangereuse, car les nouveaux talents doivent aller voir ailleurs pour gagner leur vie.

En ce qui concerne un nouvel EP potentiel Analogy / Earthbound, j'ai déjà quelques pistes, et nous allons voir comment les autres musiciens vont réagir à mes idées. Ce que je peux te dire c'est qu'il sera - si cela se fait - en premier lieu, une véritable fusion de Analogy et de Earthbound.



Q6 6) Pour conclure, bien sûr, la traditionnelle question en Français : Analogy n'est jamais venu jouer en France, mais, pourquoi pas un jour, n'est ce pas ? Que penses-tu de cette idée de venir nous voir ?


C'est tres difficile pour moi ecrire en francais mais je peux dire que

je voudrais bien jouer en France

parce-que j'ai beaucoups des amis/amies en France, et la raison pour lequelle nous avons jamais fait des concerts en France est tres simple: Nous avons jamais recu une offerte!





MESSAGE NOTE; MARTIN !























Interview conducted apr15, 2011 in an atmosphere of total punk attitude. Fast and Effective. No re-reading. The only direct and primal emotion.
That's it.

Martin Remerciements Eternels pour ces fantastiques moments de vérités.







Copyright Martin Thurn Mithoff - Analogy / Earthbound - L'Illustration Musicale Avril 2011

mercredi 13 avril 2011

Analogy


Analogy the band


Jutta Nienhaus (voc) Martin Thurn (g f) Nicola Pankoff (keyb) Wolfgang Schoene (bs) H-J "Mops" Nienhaus (d)
ex : Mauro Rattaggi (bs)


At the end 71, the Italian bassist is forced by the military authorities of his country to change of category.
Fin 71, le bassiste italien est obligé par l'Autorité militaire de son pays de changer de registre.


Under Jutta & Ice name

Sous le nom de Jutta & Ice

Here's To You

Under Joice name

Sous le nom de Joice

SP : Sold Out / God's own land (Ventot to-PRV28009 - 71)
A moulding of EP version exists too / existe en EP :
EP : III Classe / It Brings A Tear / Yoice / Sold Out (Dischi Produzioni - 71)

Joice single


Can you read Yoice ? I shall read Poice ... and from Poice to Poisse, there is only one step ... Although, name, and especially its perception .... you have to be very careful.
Vous lisez Yoice vous ? Moi, j'lis Poice... et de Poice à Poisse, il n'y a qu'un pas... Comme quoi, le nom, et sa perception surtout.... il faut faire très attention.
Here the reason why : "Poisse" in french slang is an incredible and deep unlucky situation...

Joice

Hum Hum ... en fait le VRAI nom du groupe c'est Joice... il y eu une 'coquille' à l'édition de la pochette... tout pour plaire !
In fact, the real name is Joice ...there was a 'misprint' on the pic sleeve ... How fun!
Joice donc : Martin Thurn (g) Hermann Jürgen 'Mops' Nienhaus (d) Jutta sa soeur (voc) et Mauro Rattaggi, le bassiste italien, qui a dû laisser sa place pour remplir ses obligations militaires. Précision : Nicola Pankoff, le clavier qui rejoindra le groupe quelques temps plus tard est aussi (comme son nom ne l'indique pas) italien.
So Joice : Martin Thurn (g) Hermann Jürgen 'Mops' Nienhaus (d) Jutta his sister and Mauro Rattaggi, the italian bass player, who had to leave his place to fulfill his military obligations. An accuracy: Nicola Pankoff, the keyboard player will join the group some time later is also (as its name does not indicate) italian.

2 SP tracks available (under Yoice name) here : / les 2 titres du SP sont disponibles sur cette compil Garden of Delights de 99 :

GOD

 

 

 



Analogy LP


ABSOLUTE MASTERPIECE












 

 


Le disque le plus désirable au monde ?














The most desirable record in the world ?















1. Dark Reflections

2. Weeping May Endure

3. Indian Meditation

4. Tin's Song

5. Analogy

6. The Year's at the Spring

7. Pan-Am Flight

8. Milan On a Sunday Morning





So? How looks like "The most desirable record in the world" ?
First, by the description of ebay (which, incidentally asks for confirmation of payment from the bank! for such a ridiculous amount... We've seen everything!) : a German band in the early 70's is not systematically a Krautrock. Here, I can't better compare this band to english Affinity.


Alors, à quoi il ressemble "le disque le plus désirable du monde" ?
Déjà , pas à l'étiquette que ebay (qui, soit dit en passant demande confirmation du paiement auprès de la banque !!! pour une somme aussi ridicule...On aura tout vu !!!) lui a collé : un groupe Allemand du début des 70's n'est pas forcément un Krautrock. Ici, je ne peux pas mieux comparer cette formation au groupe Anglais Affinity.


Affinity

It is, of course, around the personality of the female singer (rare at that time) that's reside one of the originality of Analogy, which is, say it bluntly, a very very nice band.

C'est, bien évidement, autour de la personnalité de sa chanteuse (rares à cette époque) que réside une des originalités d'Analogy, qui est, disons le tout net, un groupe très agréable.


Analogy umbrella

It starts 'Atom Heart Mother', to move away almost immediately. Jutta has a high-pitched and crystallin clear voice... sometimes with neighbours intonations with vice ... hum ... Dark Reflections ... for a bit, she throws herself with a Alain Kan at his best. This record is special because the singer left for a long time the musicians express themselves (the songs are long). That's a progressive music, and for a progressive record, first listining does not count. The parallel with Affinity is obvious : the era and assembly are exactly the same, but not the sound. Affinity is sounding very British with a touch of milk, with a less prominent keyboard ( Lynton Naiff the keyboard of Affinity is probably the best in the genre), but with a omnipresent guitar. While it is undeniable that Martin Thurn , the boyfriend of the beautiful Jutta is a good guitarist, that's the same for his talents as a composer ... and flutist. For sure, the cohesion is absolutely credible. The album ends in an ELP atmosphere (classical Italian reminicence) clearly marked where Jutta lays on (one of the two songs as she co-wrote) a tougher tone. She leaves her imprint on the personality of the group, adding breaks in rhythm with her voice, in a monotone, almost sweet tone, while behind, sometimes, it's fury.
Very interesting stuff, indeed.


Mops

FANTASTIQUE !




Ca attaque 'Atom Heart Mother', pour s'en éloigner presque aussitôt. Jutta a une voix haut perchée et cristaline... avec parfois des intonations voisinant... avec le Vice... hum... (Dark Reflections... pour un peu, là-dedans, elle se vautrerait avec un Alain Kan des grands soirs). Ce disque est particulier, car la chanteuse laisse pendant de longues plages musicales ses camarades musiciens s'exprimer (les morceaux sont longs). C'est du progressive, et comme tout album prog, la première écoute ne compte pas. Le parrallèle avec Affinity est évident. L' époque et le montage sont exactement les mêmes (le son non, Affinity sonne très British with a cloud of milk). Avec un clavier moins mis en évidence (Lynton Naiff le keyboard d'Affinity étant probablement ce qui se fait de mieux dans le genre), mais avec une guitare omniprésente. S'il est indéniable que Martin Thurn, le copain de la belle Jutta est un bon guitariste, il en est de même pour ses talents de compositeur... et de flutiste. L'ensemble tient la route, c'est certain.
L'album sur termine dans une ambiance ELP (reminicences classiques à l'italienne) nettement marquée où Jutta amène (c'est un des 2 titres qu'elle cosigne) un ton plus dur. Elle marque de son empreinte la personnalité du groupe, en ajoutant des ruptures de rythmes avec sa voix qui ne se dépareille pas d'un ton monocorde, presque doux, alors que derrière, par moment, c'est la furia. Vraiment intéressant tout ça.


Remains the astronomical price asked for a vinyl. No record in the world would justify such an enormity, I will therefore not dwell on that. I want to let you Know that The Garden of Delights presents an excellent copy of the original album at a reasonable price (expect about 20€ ... it's a small print run), so I do not see any reason to do without this unique pleasure. I remind in all intents and purpose, once again, that music is made ​​for everyone.


Analogy Nude band

Reste le prix astronomique demandé pour le vinyle. Aucun disque au monde ne justifiant une telle énormité, je ne vais pas donc pas m'étendre là-dessus. Sachez simplement que The Garden of Delights nous propose ici une excellente copie de l'album du groupe original, à un prix raisonnable (comptez une vingtaine d'€uros... c'est un petit tirage), et que je ne vois pas pourquoi l'on bouderait ce plaisir exceptionnel. Je rappelle à toutes fins utiles, une fois de plus, que la musique, c'est fait pour tout le monde.



Moi j'dis... Faut se faire une idée... en écoutant l'album complet ici par exemple...Just a clic here!

Analogy - La Suite



1st June 2009: Hullo .... Kamerad .... THIS IS ALSO ONE OF THE BEST!
The continuation then? Jawohl!!!

1er Juin 2009 : Heu …. Kamarade…. C'EST AUSSI L'UN DES MEILLEURS !
La suite alors ? Jawohl !!!

In 1973, the second album is ready, but serious internal tensions (among others) will prevent its publication.
En 1973, le second album est prêt, mais de grâves tensions internes (entre autres) empécheront sa publication.

La Comune
1974 - La Comune - collective theatrical project
1974 - La Comune - projet théatral collectif.


The following year, Earthbound adventure continues in London ...
L'année suivante, l'aventure Earthbound se poursuit à Londres ....


Jutta Nienhaus (voc) Martin Thurn (g, piano, voc), R.J. Brett (bs) S. Hunter (d)J.Anderson (piano, string ensemble), M. Dragutesru (g), A. Asmus (viola de gambe)

- SP : The Robot / Liberated Lady (Archway 308-A Uk - 79) 2000 exemplaires - production David Vorhaus.

Liberated Lady


- EP 12" : Liberated lady / Song for South Kensington / The robot (Archway AR 17945 Uk - 79) w/insert

Earthbound







Enfin, en 1993...



JUTTA REFORME ANALOGY !!!










Liberated Lady



YEAH !














- 2nd LP : The Suite (Ohrwaschl OW19 - nov 93) Réed Akarma en 2000 (avec une pochette différente).

The Suite

... Well almost... The second album is finally available.

It had subjugated myself !

This disc has nothing in common with his illustrious predecessor, yet it is in its logical and natural suite. The set is brilliant with its marked Renaissance reminiscences ... but it's still rock ...Cannot compare it to anything at all (and especially not to Jethro Tull ...)... it's a one of a kind (with Sunforest), and that's here that's sublime. This disc has brought considerable added value (in terms of style, not quality, for me, the 2 records are at the same level) over the first. To renew oneself, is not this the most difficult, is not it? The first Analogy album was not a meteor. I can't write this music is old-fashionned, or by time imbued, since it has no age. This is one art of progressive music to have the possibility, somewhere, to get rid of Time. The beginning of the Suite II is extremely refined, and announce, since the very next song, the future Earthbound logic. This is also the Earthbound musicians who interpret the stuff.

Like the first, we play here in the intimist Italian climate register (which has apparently scored a lot), short sentences, fairly diverse, which, after being assemblate, constitute one of the most complete concept albums ever.

Second major work in a row.




... Enfin presque... le second album est enfin disponible.

Il m'avait subjugé !

Ce disque n'a rien de commun avec son illustre prédecesseur, et pourtant, il s'inscrit dans sa suite logique et naturelle. L'ensemble est somptueux avec ses reminiscences Renaissances marquées... mais ça reste rock... Impossible de le comparer à quoique ce soit (et surtout pas à Jethro Tull...)... il est seul - (excepté Sunforest)... et, c'est bien là que c'est sublime. Ce disque a su apporter une valeur ajoutée considérable (au niveau du style, pas en qualité, pour moi, les 2 disques sont au même niveau) par rapport au premier. Savoir se renouveler, n'est ce pas là le plus délicat, n'est-il pas ? Le premier album d'Analogy n'était pas un météore.
On ne peut pas écrire que cette musique vieilli, ou qu'elle soit empreinte d'une quelconque époque, puisqu'elle n'a pas d'âge. C'est un des Arts de la musqiue progressive que d'avoir su, quelque part, s'affranchir du Temps. Le début de la Suite II est extrèmement raffiné, et annonce, dès le morceau suivant, la future logique Earthbound. C'est d'ailleurs les musiciens de Earthbound qui interprètent l'oeuvre.

Comme pour le premier, on joue ici dans le registre 'climat intimiste à l'italienne' (qui a manifestement beaucoup marqué), des phrasés brefs, assez diversifiés, qui, une fois assemblés, composent un des concepts albums les plus achevé qui soit.

Deuxième oeuvre majeure d'affilée.



Le second album de Analogy s'écoute ici...Just a clic here!




- 3rd LP : 25 Years Later (Ohrwaschl OWR07 - 96)

Analogy




battiato

dimanche 10 avril 2011

Analogy - Jutta Taylor Nienhaus interview


La Divine 2



LA DIVINE
















Rencontrer Jutta Nienhaus revet une connotation particulière, très particulière même: l'aura culte autour du disque est immense, tout a été dit. Les photos du groupe sont magiques et le récent coffret est là pour rappeler, si besoin en était, combien l'oeuvre est vitale.

Mais, il me manquait quelque chose, quelque chose d'ultime : connaître l'émotion de rentrer dans Analogy....
Un privilège rare. Jutta répondit favorablement tout de suite après mon appel, me laissa une semaine pour tout préparer, mais voulu savoir immédiatement de quoi il en retournerait....


To meet Jutta Nienhaus has a special connotation, a very specific one: the aura of worship around the disc is great, everything has been said. The pictures of the band are magical and the recent box set is a reminder, if one were needed, of how their work is essential.

But I was missing something, something ultimate: to know the emotion of returning to Analogy ....
A rare privilege. Jutta responded favorably immediately after my call, left me a week to prepare everything, but she wanted to know as soon as possible about what will happen.




Varese Jutta & Mauro




Jutta1 1) Jutta bonjour. J'adore cette photo car elle symbolise le groupe tel que je me l'imagine : une joie de vivre infinie, hors des temps troublés futurs, un printemps permanent en quelque sorte. Est-ce que cela s'est passé comme cela à Varese ?

Jutta hello. I love this picture because it symbolizes the group as I imagined it: an infinite joy, away of the troubled times to come, a permanent spring in a way. Did it happened like this in Varese?




Yes, indeed, we were young and in many ways innocent and free, we were living beautiful times with deep friendships both inside and outside of our school. My friendship with Mauro (bass player Analogy) whom I got to know via my brother and the unplanned meetings when he was still playing in his band the Riverboys is still lasting today. We grew up in the most beautiful surroundings at the Lago Maggiore where a lot of people spend their annual holidays. Our parents were great and full of support. We enjoyed making music, learning all about it, absorbing all the experiences that go with something like that. My beloved brother Mops was the drummer of Analogy and Martin, the guitarist was my boyfriend. What a foursome together with Mauro and later on with Wolfgang who also went to school with us. Nicola (keyboards) and Rocco (flute) came later. Our website www.analogy.it tells the stories of how we met.
And times were good: people moved their behinds to try and change our society and I believe we brought some very important changes about.



Oui, vraiment. Nous étions jeunes et à bien des égards innocents et libres, nous vivions des moments magnifiques, avec de profondes amitiés à l'intérieur et l'extérieur de notre école. Mauro (le bassiste d'Analogy), j'ai appris à le connaître par l'intermédiaire de mon frère et à l'occasion des sets imprévus quand il jouait encore dans son groupe The Riverboys, il est devenu mon complice, et cela dure encore aujourd'hui. Nous avons grandi dans le plus beau des décors, au bord du Lac Majeur, où beaucoup de gens passent leurs vacances annuelles. Nos parents ont été formidables en nous soutenant vraiment. Nous avons toujours aimé faire de la musique, en apprenant tout le temps avec toutes les expériences que cela pouvaient nous apporter. Mon frère bien-aimé Mops, a été le batteur de Analogy, et Martin, le guitariste était mon copain. Nous étions à quatre avec Mauro et plus tard avec Wolfgang qui a également été à l'école avec nous. Nicola (claviers) et Rocco (flûte) sont venus plus tard. Notre site www.analogy.it raconte toute l'histoire, et la façon dont nous nous sommes rencontrés.
A ce moment là, c'était le bon temps et un certain nombre de gens se remuait les fesses pour essayer de changer notre société, aussi, je crois que nous avons apporté quelques changements très importants à ce sujet.









Jutta2 2) Comment arriviez-vous à concilier les études et la musique ?
How did you manage to balance school and music?


Actually, it was not too bad. Alright, my marks were not the greatest anymore. Towards the end some teachers got stroppy, but what the heck..... I managed to conclude my studies which helps me earning my living these days. I own and run a language school with interpreting and translation services.

En fait, ça ne se passait pas trop mal. Bon, mes notes n'étaient pas au top non plus. Vers la fin, certains enseignants se montraient grincheux, mais tant pis ..... J'ai réussi à terminer mes études ce qui me permet, à présent, de gagner ma vie. Je gère une école de langues et de traductions, dont je suis la propriétaire.


Jutta3 3) Il y a dans ton chant, un aspect vicieux reconnu, alors que tu es également pudique, on l'a vu. Dans le même temps, j'ai lu quelque part que tu étais une sorte de Siouxsie avant l'heure. Comment te sont venues toutes ces idées novatrices ? La séduction est-elle une de tes priorités ?
There is, in your way of singing, something recognized as vicious, then you are also a modest woman , as we have seen. By the same time, I read somewhere that you were a sort of Siouxsie before the time. How did you have all these innovative ideas?
Is seducing one of your priorities?





Innovative ideas? This is all part of my make-up. It came naturally.
Modest/vicious? Vicious as in horrible, attacking?
I can be modest but also vicious, especially when defending my family, friends or a good cause.
Is seducing one of your priorities?
Most definitely not. If you mean it in the sense of seducing men. I have had two main relationships in my life. Martin (the guitarist of Analogy) and my present husband, Pete (an Englishman from London and one of the technicians with Earthbound). A certain seductiveness (looks and personality) is apparently another part of me, at least this is what I am told. I do not do any of it on purpose to achieve a personal gain. My daughter always tells me: Mum, that’s just the way you are and please don’t change. We need you just the way you are.



Les idées nouvelles? Cela fait partie de mon personnage, ça. Cela m'est toujours venu naturellement.
Pudique / Vicieuse ? Le Vice, dans quel sens veux-tu dire ? Epouvantable ou Attaquer ?
Oui, je suis pudique, mais je peux également être vicieuse, lorsque les intérêts de ma famille ou ceux de mes amis sont en jeu par exemple, ou pour défendre une cause juste.
Est-ce que la séduction est une de tes priorités ?
Très certainement pas, si tu sous-entends dans le sens de séduire les hommes; j'ai eu deux principales relations dans ma vie : Martin (le guitariste de Analogy) et mon mari actuel, Pete (un Anglais de Londres et l'un des techniciens de la période Earthbound). La séduction (de l'apparence et de la personnalité) est semble t'il une autre partie de moi, du moins c'est ce que l'on m'en dit. Je n'en fais pas un atout pour parvenir à mes fins. Ma fille me dit toujours: "Maman, tu es comme ça, et s'il te plaît ne changes pas. Nous avons besoin de toi telle que tu es".






Varese jardin

Jutta Laughting



Jutta4 4) Que ressent-on lorsque l'on est une des artistes faisant l'objet de la collectonite la plus aigüe qui soit ? Le disque fait quand même partie des 3 plus grosses pièces Progressive qui existent....
How do you feel being one of the artists which is part of the biggest collect-mania? The record is still one of the 3 masterpiece in Progressive music....


Varese1


What can I say? Very honoured and surprised. I would not have imagined in a million years that such a thing would happen. Both with Analogy and Eartbound we were always told the same thing: not commercial enough, not the right stuff for the times. The Brits (meaning the British recording world) complained especially about me, the singer: either no good or too different.
I suppose we were in the wrong place at the wrong time. A typical underground band, not for the mainstream market, not even in London although we played a lot in pubs, clubs (even Ronnie Scott’s) and universities. We filled the halls with happy fans but the record companies were not interested. And at some point you give up because you have to earn a living.



Que puis-je dire? Je suis très honorée et surprise. J'étais à mille lieues d'imaginer qu'une telle chose puisse arriver. Pour les deux groupes Analogy et Eartbound, on nous a toujours dit la même chose: "pas assez commercial", et "ce n'est pas ce qu'il faut faire en ce moment". Les Britanniques (ce qui signifie le monde de l'enregistrement britannique) se sont plaints, en particulier de moi, la chanteuse, soit parce que je n'étais pas assez bonne, soit parce que j'étais trop différente.
Je suppose que nous avons été au mauvais endroit au mauvais moment. Un groupe typique de l'underground, pas pour le marché grand public, même pas à Londres, bien que nous ayons joué dans beaucoup de pubs, des clubs (même le Ronnie Scott's) et des universités. Nous avons rempli des salles avec des fans heureux, mais les maisons de disques ne sont pas montrées intéressées. Et à un moment donné, vous abandonnez parce que vous avez besoin de gagner votre vie.





Jutta5 5) A l'heure où toutes les rumeurs les plus folles circulent (réunion ?), un 3ème album avec Analogy te tenterait-il ? Est-ce envisageable ?
Now that many wild rumors are circulating (reformation?), What do you feel about a third album with Analogy? Is this possible?





LA SUITE DE LA SUITE ?










There are some things in the pipeline and it would happen in Italy. In the form of one concert or two. It is all very difficult as we, the band members, live in different countries - Martin in the North of Germany, I live in the South of the country, Wolfgang lives in France, Mauro in Italy, Scott lives in the UK and Dick in Belgium - (the latter two being the drummer and bass player of Earthbound) and we all have work commitments. There is even talk about recording an EP and publish all this together with a DVD recorded at the last small concert when we presented the new publication of the box set with our Complete Works in February 2010 in Mezzago, near Milan. Claudio Fucci and Matthias Scheller (AMS/Vololibero) are the guys in charge. If you go to our website, you will find all the details. You can also buy the Complete Works online. That concert was a ball. We were all a little afraid of playing again after all these years. We rehearsed in a recording studio in Milan for 2-3 hours and found that it was still rocking the way it did all those years ago. What an experience!! Shame, my beloved brother could not be there in person. We had a picture of his beamed onto the wall when Martin’s son Nikolai played Tears in Heaven as a tribute to him. I cried and felt his presence. My brother then told me to go out there and do it. And I did!!!






on stage


Il ya certaines choses dans les tuyaux, et cela doit arriver en Italie, sous la forme d'un concert ou deux. C'est très difficile pour nous car les membres de la bande vivent dans des pays différents : Martin est dans le nord de l'Allemagne, je vis dans le sud du pays, Wolfgang vit en France, Mauro est en Italie, alors que Scott vit au Royaume-Uni et que Dick réside en Belgique - (ces deux derniers étant les batteur et bassiste de Earthbound), et nous avons tous nos engagements professionnels. Il est question de l'enregistrement d'un EP et de publier tout cela accompagné d'un DVD enregistré lors du dernier concert enregistré en Février 2010 à Mezzago, près de Milan, lorsque nous avons présenté la nouvelle publication sous la forme d'un Box, regroupant toutes nos Œuvres complètes. Ce sont Claudio Fucci et Matthias Scheller (AMS / Vololibero) qui s'en occupent. Si tu visites notre site Web, tu trouveras tous les détails. On peut aussi acheter en ligne nos Œuvres complètes. Ce concert a été un révélateur. Nous avions tous un peu peur de jouer à nouveau après toutes ces années. Nous avons répété dans un studio d'enregistrement à Milan pendant 2-3 heures et constaté que ça tournait encore pas mal, même après tout ce temps. Quelle expérience! Hélas, mon frère bien-aimé ne pouvait, bien sûr, être là, aussi, nous avons projeté une photo de lui sur le mur pendant que le fils de Martin, Nikolai jouait 'Tears in Heaven' en son hommage. J'ai pleuré et j'ai senti sa présence. Mon frère m'a dit alors d'y aller et de le faire. Et c'est ce que j'ai fait!





Jutta6 6) La chanteuse de Analogy est-elle heureuse dans cette époque ? Penses-tu avoir complètement réussi (avant tout le monde) le concept de 'Groupe Européen', ou te reste t-il encore des choses à faire à ce sujet ?
Does the singer of Analogy is happy in that period? Do you think you have completely managed (before everyone else) the concept of 'European Group', or do you still have things to do about it?


The singer of Analogy was very happy in that period. I am not sure if we managed the concept of a “European Group”. This European factor was also part of my make-up and that of the others too, if I may say so. We attended the European School, a wonderful institution to learn about freedom of thought in terms of nationality etc. Our school friends came from all over the place and we learned to do without the boundaries imposed by stupid patriotism and nationalities. We were youngsters who liked and loved each other independently of one’s background, nationality etc. I believe that the whole area around the Lago Maggiore was infected by this bug. Suddenly a lot of people from various countries started living there and leaving their thumb print. It could have been an elite environment with all the bad aspects but, at least most of us, did not live it like that. We also had very close contacts with the local population and I still have a lot of friends from and in the area. In May of this year I will enjoy the party of our school to celebrate its 50th anniversary and I am so much looking forward to meeting some of my school mates that I have not seen for years. With quite a few the friendships were so strong that we stayed in close contact for all these years. One of my closest friends still from our days at school in fact is Isabelle, a French lady who now lives back in France.


La chanteuse d'Analogy etait très heureuse à cette époque. Je ne sais pas si nous avons réussi le concept d'un "groupe européen". Cette logique européenne faisait partie de mon bagage, et de celui des autres aussi, si je puis m'exprimer ainsi. Nous avons fait partie intégrante de l'École européenne, une merveilleuse institution pour nous enseigner sur la liberté de pensée en termes de nationalité, etc... Nos amis de l'école venaient de tous les horizons, et nous avons appris à faire sans les limites imposées par le patriotisme stupide, ou les nationalités de chacun. Nous étions des jeunes qui nous nous appréciions et nous nous sommes aimé les uns les autres, indépendamment de nos origines, nos nationalités, etc, je crois que toute la zone autour du Lac Majeur a été contaminée par ce virus. Soudain, un grand nombre de personnes de divers pays ont commencé à vivre là-bas en laissant à chaque fois leur empreinte. Cela aurait pu être un milieu élitiste avec tous les aspects négatifs que cela sous-entend, mais, la majorité d'entre nous ne l'a pas vécu comme ça. Nous avons également eu des contacts très étroits avec la population locale, et j'ai encore beaucoup d'amis dans la région, ou en étant originaire. En mai de cette année, je vais profiter de la fête de notre école dont on célèbre le 50e anniversaire. Je suis tellement impatiente de rencontrer certains de mes camarades de classe que je n'ai pas revus depuis des années. Avec un bon nombre d'entre eux, des amitiés étroites se sont forgées, et nous sommes restés en contact depuis tout ce temps. En fait, une de mes amies les plus proches de l'école, encore aujourd'hui, est Isabelle, une Française qui est maintenant retournée vivre chez elle.



Jutta7 7) Pour terminer, peux-tu envoyer un petit message (dans notre langue, bien sûr) à tous les fans français de Analogy ?





Merci pour avoir montré de l’intérêt. J’espère que ma musique vous fait beaucoup de plaisir. C’est aussi pour ça que nous avons créé notre musique.
Et voila encore une chose pour conclure: J’ai aussi du sang français dans mes veines car mes grands-parents sont de près de Metz.
Vive le mélange !!!!!















Dear Jutta,

None word is so huge to explain my gratitude.
You're the Best.

Hope to stay Your friend all life long.




LOve LOve LOve.

Christophe






Copyright Jutta Taylor Nienhaus / Analogy / Earthbound - L'Illustration Musicale avril 2011.